«Cette agression montre l’installation de clichés dangereux dans notre société»

V.G. (avec agence)

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La résidence Pablo-Picasso à Bagneux où a eu lieu l'agression.
La résidence Pablo-Picasso à Bagneux où a eu lieu l'agression. — S. POUZET / 20 MINUTES

La révélation d’une séquestration présentée comme antisémite et homophobe d'un jeune homme à Bagneux suscite l’indignation de nombreuses associations, alors que l’enquête n’a pas encore prouvé le lien entre la violence subie par le jeune homme et ses origines juives.


Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif)
«Il ne faut pas baisser la garde face à l'antisémitisme et ses manifestations», a déclaré mercredi à l'AFP Richard Prasquier, président du Crif. Cette affaire montre que l'antisémitisme «reste profondément présent», en dépit de la baisse constatée du nombre des actes antisémites, a-t-il poursuivi, observant: «Les agresseurs sont jeunes et on constate que dans cette génération, la connotation antisémite des violences vient très vite, cela fait partie de leur fond culturel.»

Ni putes ni soumises
«Ces actes, dans la ville même où avait commencé le calvaire d’Ilan Halimi, sont consternants, et démontrent bien tout le travail qu’il reste à entreprendre pour vaincre le terrible fléau de l’antisémitisme», affirme le mouvement dans un communiqué publié mercredi. L’association appelle «tous les défenseurs de la laïcité, garants du vivre ensemble et seul rempart contre le repli et l’exclusion de l’autre, à se rassembler samedi 8 mars à 14h30 sur la Passerelle Simone-de-Beauvoir à Paris», dans le 13e arrondissement de Paris.

SOS Racisme
L’association manifeste dans un communiqué «toute son indignation quant à la séquestration et les violences perpétrées» sur ce jeune homme de 19 ans à Bagneux. «Alors que la police et le procureur ont manifestement agi rapidement et avec fermeté, cette agression visiblement à caractère antisémite et homophobe montre l’installation de clichés dangereux dans notre société. Face à cette réalité, SOS Racisme appelle les responsables politiques à aller au-delà de la simple condamnation morale et d’envisager sérieusement des pistes visant à rendre une réalité au vivre ensemble.»

La mairie (PCF) de Bagneux
«Nous sommes choqués et indignés. Nous condamnons de tels actes avec la plus grande fermeté (...) Nos premières pensées vont à la victime et à sa famille», écrit la mairie de Bagneux, dans un communiqué. «Notre ville a toujours porté des valeurs de tolérance, de respect des différences, de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie.»

Le Consistoire de Paris Ile-de-France
Dans un communiqué, le Consistoire et son président, Joël Mergui, «condamnent avec la plus grande fermeté cette agression antisémite», assortie d'insultes, violences et coups. «Deux ans tout juste après le traumatisme de l'assassinat d'Ilan Halimi, un tel geste odieux et lâche frappe une fois de plus l'ensemble de la communauté juive d'Ile-de-France et prend à témoin l'ensemble du pays et de la communauté nationale.»

Union des étudiants juifs de France (UEJF)
L’UEJF se dit «choquée par cette agression homophobe et antisémite». Son président, Raphaël Haddad, juge «inquiétant que certains jeunes veuillent marcher sur les pas du “gang des barbares“» et «indispensable d'étendre des programmes de prévention pour déconstruire les modèles et préjugés à l'origine de ces actes»