Une deuxième chance partout en France

L. de C.

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Une voiture-bélier a été lancée dans la nuit de samedi à dimanche contre l'entrée d'une école élémentaire d'un quartier périphérique de Toulouse, provoquant d'importants dégâts dans plusieurs classes, a-t-on appris lundi auprès de l'Inspection académique de la Haute-Garonne
Une voiture-bélier a été lancée dans la nuit de samedi à dimanche contre l'entrée d'une école élémentaire d'un quartier périphérique de Toulouse, provoquant d'importants dégâts dans plusieurs classes, a-t-on appris lundi auprès de l'Inspection académique de la Haute-Garonne — Mychele Daniau AFP/Archives

Pour aider les milliers de jeunes en rupture, l'Etat va-t-il mettre la main au porte-monnaie? Nicolas Sarkozy et la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara, ont souhaité début février «généraliser» le dispositif des écoles de la deuxième chance (E2C) dans la foulée du plan «Espoir Banlieues». Actuellement, trente-six E2C permettent à 4 000 jeunes de 18 à 25 ans de réacquérir les fondamentaux – lire, écrire, compter – pendant six à vingt-quatre mois, tout en se formant à un métier via des stages. C'est peu quand on sait que 150.000 adolescents quittent chaque année le collège sans poursuivre d'études ni de formation.

Mais la formule semble fonctionner: 65% des élèves trouvent un débouché, dont la moitié en CDI ou CDD long. «On récupère des jeunes de 20 ans en moyenne qui ont galéré, mais qui veulent se réintégrer. Ils bénéficient d'une formation individualisée, avec de bons outils informatiques et un accès favorisé à l'entreprise», explique Alexandre Schajer, président du réseau E2C France. «Au lieu de retirer des jeunes de l'école pour les former, on leur donne une formation articulée autour de l'école», résume Blandine Kriegel, présidente du Haut Conseil à l'intégration.

Le président de la République souhaite voir 20.000 stagiaires accueillis chaque année d'ici à 2012, avec à terme, une école de la deuxième chance par département. Encore faut-il que l'Etat s'implique au-delà des mots: «Un stagiaire coûte 9.000 euros par an. Nous demandons à l'Etat d'intervenir à hauteur de 20 à 30%, sinon les E2C sont en grand danger, alerte Alexandre Schajer. Les régions, principaux investisseurs, n'ont plus les moyens de nous financer.»

création
Imaginée en 1997par Edith Cresson, commissaire européenne, la première E2C a vu le jour à Marseille. Depuis, 36 ont ouvert, dont huit en Ile-de-France.