Retour à la case départ dans les négociations sur la pénibilité

TRAVAIL Après trois ans de discussion...

Avec agence

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F. STEVENS / SIPA

Seize négociations en trois ans n’auront pas suffi à définir ce qu’est la pénibilité au travail. Le chef de file du Medef, François-Xavier Clédat, a ainsi proposé ce mardi de faire un état des lieux du nombre des salariés susceptibles d'être touchés par la mise en place d'un «dispositif pénibilité», déclenchant le mécontentement de syndicats «revenus à la case départ».

La négociation devait théoriquement aboutir le 25 mars, puisque qu'elle était, selon la loi Fillon de 2003, un préalable au nouveau rendez-vous 2008 sur les retraites, qui doit commencer début avril. Mais une réunion complémentaire a finalement été programmée le 21 avril.

«Définir les facteurs de pénibilité»

François-Xavier Clédat veut «une méthode de travail»: il faut selon lui d'abord «définir les facteurs de pénibilité», ensuite «les conditions d'accès (âge, nombre d'années d'exposition, durée de cotisation, etc.) au dispositif pénibilité», «évaluer les populations éligibles», «définir les dispositifs à mettre en place», et «en chiffrer le coût».

Les partenaires sociaux vont donc, d'ici le 25 mars, proposer leurs définitions des critères de pénibilité (charges lourdes, postures pénibles, travail répétitif, produits toxiques, température extrême, bruit, poussière ou fumée, travail de nuit, risques psycho-sociaux). «Tout est déjà dans le Code du travail et dans les nombreuses études sur le sujet», souligne Jean-Louis Malys (CFDT).

Le 25 mars, ils devront se mettre d'accord sur les conditions d'accès, alors que jusque-là ils n'ont trouvé aucun consensus sur les propositions patronales (être âgé de 58 ans, avoir travaillé 40 ans, dont la majeure partie soumis à un facteur de pénibilité, et même à trois facteurs pendant au moins dix ans).

Départ anticipé par totalement rejeté

«On a le sentiment de recommencer la négociation comme il y a trois ans», a regretté Jean-Christophe Le Duigou (CGT), qui se demande «quel mandat a la délégation patronale: gagner du temps ou aboutir?».

Seule consolation des syndicats, le principe d'un départ anticipé n'est plus totalement rejeté par le patronat, qui évoque trois dispositifs possibles en fin de carrière, en fonction des pénibilités subies: «allègement de la charge de travail» (mi-temps ou temps partiels), départ anticipé (seulement pour une «fraction» de salariés, nuance le Medef), ou un mélange des deux.

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