Les chercheurs manifestent pour leur autonomie

SCIENCES Plus de 200 d’entre eux ont manifesté ce mardi devant le ministère...

Avec agence

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Plus de 200 chercheurs ont manifesté mardi devant le ministère de la Recherche à Paris, au moment où quelque 600 directeurs de laboratoires se réunissaient au Collège de France pour marquer leur désaccord avec l'évolution de la réforme de la recherche poursuivie par le gouvernement.
Plus de 200 chercheurs ont manifesté mardi devant le ministère de la Recherche à Paris, au moment où quelque 600 directeurs de laboratoires se réunissaient au Collège de France pour marquer leur désaccord avec l'évolution de la réforme de la recherche poursuivie par le gouvernement. — Stephane de Sakutin AFP

Plus de 200 chercheurs ont manifesté ce mardi devant le ministère de la Recherche à Paris, au moment où quelque 600 directeurs de laboratoires se réunissaient au Collège de France pour marquer leur désaccord avec l'évolution de la réforme de la recherche poursuivie par le gouvernement.

Réunis à l'appel de leurs syndicats (SNCS, Snesup, Unsa...) et de Sauvons la recherche sous des banderoles «Non au pilotage gouvernemental», les chercheurs voulaient par ailleurs dénoncer le statut des personnels scientifiques, avec «une absence de recrutements sur des postes statutaires», a déclaré le vice-président du mouvement Sauvons la Recherche (SLR), Georges Debrégeas.

«Attaque aérienne»

Au Collège de France, directeurs de laboratoires et responsables d'instances scientifiques se sont penchés de leur côté pendant environ quatre heures sur les modalités d'une réforme de la recherche, qu'ils appellent de leurs voeux: «Il est indispensable de le faire, c'est de bon sens, sans détruire ce qui existe, mais en améliorant son fonctionnement», ont souligné les organisateurs.

Ils craignent entre autres que l'Agence nationale de la recherche (ANR) ne leur impose l'orientation des axes de la recherche, ils déplorent la création de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Aeres) et craignent la perte d'autonomie des organismes tels que le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Devant les grilles du ministère, les manifestants ont symboliquement lancé une «attaque aérienne» avec des avions en papier verts, mauves ou blancs, pour «faire passer leurs messages». Pour Céline Dinocourt, docteur en neurosciences et CDD, «on ne peut pas laisser la politique gouverner la recherche», ni «multiplier les postes en CDD».

«Volonté de dialogue fumeuse»

Marianne Mangeney, statutaire, chercheuse en biologie, craint pour sa part que l'ANR ne finance plus «tout ce qui n'est pas directement utile» (sciences sociales, humaines...) et que «des pans entiers» de la recherche ne disparaissent ainsi.

Dans une «feuille de route» envoyée à la présidente du CNRS la semaine dernière, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse demandait à Catherine Bréchignac de réfléchir à «une évolution de (son) organisation interne» tenant compte du changement de son «environnement scientifique».

«Chaque fois qu'un vent de révolte commence à souffler (dans le monde de la recherche), on voit apparaître une volonté de dialogue fumeuse», a réagi Georges Debrégeas.