Laurence Parisot persiste: l'UIMM doit remettre à plat ses mandats

Avec agence

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La présidente du Medef Laurence Parisot
La présidente du Medef Laurence Parisot — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Le bras de fer entre le Medef et l'UIMM continue: Laurence Parisot et Frédéric Saint-Geours ne sont pas parvenus à un accord, lors de leur rencontre mardi, sur la question des mandats que la présidente du mouvement patronal demande à la fédération de la métallurgie de lui remettre.

«L'entretien n'a pas été satisfaisant. La question des mandats reste ouverte», a indiqué un porte-parole du Medef après la réunion qui s'est tenue dans la matinée au siège de l'organisation. De son côté, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a souligné que son bureau et son président avaient «été clairs. Ils entendent conserver l'ensemble des mandats de l'institution».

Laurence Parisot persiste

Mardi soir, interrogée sur France 3, Laurence Parisot a réitéré sa demande auprès de l'UIMM: «Ce que je demande à l'UIMM, c'est une remise à plat de ses mandats», a dit la patronne du Medef, en précisant qu'elle ne souhaitait pas «utiliser des moyens trop radicaux». Elle a précisé que les discussions avec le président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours, allaient «continuer».

La rencontre de mardi a été organisée au lendemain de la contre-attaque de la fédération de la métallurgie qui a répondu en partie aux exigences du Medef en refusant cependant toute remise au pas. Samedi, la patronne des patrons indiquait vouloir «demander des éclaircissements» au nouveau président de l'UIMM sur les contrats négociés entre la fédération et son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac. En cause notamment une indemnité de départ de 1,5 million d'euros, qui a déclenché les foudres du monde politique et syndical, et la colère de Laurence Parisot.

«On a tendance à oublier l'expertise de l'UIMM en matière de relations sociales»

Lundi, le bureau de l'UIMM, son instance dirigeante, a joué le compromis. Frédéric Saint-Geours a annoncé le «réexamen» de l'indemnité et le départ définitif de Denis Gautier-Sauvagnac, toujours délégué général ainsi que de Dominique de Calan, son adjoint. Mardi, DGS a répondu simplement qu'il était «prêt à céder le chapeau» qu'il «porte» dans cette affaire. En revanche, la fédération n'a rien lâché sur ses mandats nationaux, que Laurence Parisot lui avait demandé de remettre à la disposition du Medef.

Ces mandats, une centaine au total, concernent notamment l'Unedic ou le 1% logement. Concrètement, «pour les mandats abandonnés et les postes laissés vacants, on va proposer de nouveaux noms», a expliqué mardi à l'AFP Jean-Jacques Leguay, président de l'UIMM Alsace, trésorier de la fédération. «Mais il faut arrêter l'hémorragie, on a tendance à oublier l'expertise de l'UIMM en matière de relations sociales», a-t-il ajouté.

Frédéric Saint-Geours a lui-même réaffirmé «l'indépendance et le rôle essentiel joué [...] par l'institution auprès des entreprises». En clair, l'UIMM estime que, au delà de son poids financier au sein du Medef, le patronat ne peut se passer de sa puissante fédération dans le jeu social français, face aux syndicats.