La solidité des télécabines mise en cause dans l'accident

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Après la reconstitution de l'accident qui a conduit à la chute mortelle du passager d'une télécabine à Chamonix samedi, le parquet de Bonneville (Haute-Savoie) a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour homicide involontaire. Mais la question de la solidité du matériel est désormais posée.

Hier matin, les trois amis de la victime, des cadres âgés de 32 à 35 ans, qui l'accompagnaient au moment du drame, ont été emmenés dans un atelier de réparation où une « mise en situation » a été organisée dans une télécabine identique à celle utilisée samedi. La justice excluait hier toute dispute entre les quatre protagonistes, qui ont emprunté le véhicule passablement éméchés. « C'est un amusement imbécile qui a malheureusement mal tourné », a expliqué Michel Belin, le procureur de la République. Ce dernier a toutefois indiqué qu'un test mené par la gendarmerie lors de cette mise en situation « interroge sur la solidité du matériel : un seul gendarme s'est appuyé assez fortement sur le plexiglas, qui a cédé ». L'opération a même été répétée et a abouti à un résultat identique, « étant entendu qu'on n'a pas à s'appuyer sur le plexiglas comme l'ont fait la victime et un de ses amis ». Toutefois, « seuls les experts pourront dire (...) s'il y avait un risque lié à un défaut de conception ou à un défaut d'entretien », a souligné le magistrat.

Dans l'immédiat et en attendant les résultats des expertises, les amis de la victime, qui ont été relâchés sans être mis en examen, ne sont pas poursuivis. « Ça ne veut pas dire que leur responsabilité soit totalement écartée », a précisé le procureur.