Note2be touché, mais pas coulé

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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La « prof academy », c'est fini... ou presque. Le site Note2be.com, qui permet aux élèves de mettre une note à leurs professeurs, n'a plus le droit de citer les noms des enseignants. Le tribunal des référés, saisi mi-février par deux syndicats et six professeurs des écoles, en a décidé ainsi hier à Paris. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) doit, elle, rendre sa décision jeudi.

Contacté hier, le fondateur du site, Stéphane Cola, compte bien ne pas se laisser abattre. « On fait appel et surtout, on va modifier le site d'ici à deux jours. » Il pourrait ainsi inciter les élèves à noter leur établissement, et non plus leurs profs, ou héberger le site à l'étranger, en Allemagne par exemple, où la justice a autorisé le 8 février le jumeau Spickmich .de. Outre-Atlantique, plusieurs sites appliquent déjà les préconisations du rapport Attali, à savoir l'évaluation des « fonctionnaires » par les « usagers », y compris à l'école : Ratemyprofessors.com invite les Américains à dire si leur prof est « hot or not ». Et Ratemyteachers.com permet aux élèves, et même à leurs parents, de noter les enseignants de l'Irlande à la Nouvelle-Zélande.

Du côté des plaignants comme pour Xavier Darcos, ministre de l'Education, la « satisfaction » était grande hier. « Non seulement il y avait une atteinte au respect de la vie privée, mais en plus ce classement induisait un palmarès entre professeurs tout à fait contraire à l'esprit d'équipe », selon Frédérique Rolet, du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges et lycées. Depuis le lancement de Note2be.com le 29 janvier, 70 000 profs ont été notés ? avec des moyennes plutôt élevées, alors que les syndicats craignaient des lynchages publics ? en fonction de six critères : intéressant, clair, disponible, équitable, respecté et motivé. Hier, le site était indisponible, malgré l'installation de nouveaux serveurs ce week-end. « On compte 200 000 connexions par jour, soit deux fois plus qu'en février », se félicite Stéphane Cola, qui espère à terme vendre de la publicité sur son site. Nul doute que son appel va lui assurer un buzz supplémentaire.