Yves Jégo: 1,5 million d’euros, «ce n'est tout de même pas une paille»

REACTIONS La révélation d’une prime de départ pour l’ancien président de l’UIMM, Denis Gauthier-Sauvagnac suscite de nombreuses réactions politiques…

Avec agences

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WITT/SIPA

La révélation d’une prime de départ de 1,5 million d’euros pour l’ancien président de l’UIMM, Denis Gauthier-Sauvagnac suscite de nombreuses réactions politiques, souvent indignées.

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Le PS, par la voix de son secrétaire national Bruno Le Roux, a demandé lundi «l'annulation de la prime d'un 1,5 million d'euros versée à Denis Gautier-Sauvagnac par l'UIMM et l'annulation du contrat de couverture fiscale entre l'UIMM et M. Gautier-Sauvagnac».
 
«Nous exigeons du gouvernement qu'il s'exprime clairement et qu'il mette en oeuvre le plus vite possible les outils juridiques pour empêcher la dissimulation de la vérité», a également dit le député de Seine-Saint-Denis.
 
«Il y aura évidemment de l'enquête fiscale»
 
Le gouvernement s’est exprimé par la voix de plusieurs ministres. Eric Woerth, en charge du Budget, a affirmé lundi qu'il y aurait une enquête fiscale dans l'affaire de l'UIMM une fois que la justice aurait fait son travail. On «devra établir qui, comment, dans quelles conditions, c'est le travail de la justice», a t-il déclaré sur Europe 1.
 
Interrogé sur d'éventuels redressements fiscaux, il a répondu: «Evidemment qu'il y aura du fiscal après; la justice fait son travail et après, il y aura évidemment de l'enquête fiscale, du travail pour les contrôleurs fiscaux, c'est toujours le cas».
 
La ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, a plaidé dimanche à propos de l'affaire de l'UIMM en faveur de la «transparence» et souhaité une nomination «rapide» à la tête de l'Unedic pour remplacer Michel de Virville. «Tout ce qui favorisera la transparence sera le bienvenu», a déclaré la ministre à l'AFP.
 
Le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation, Luc Chatel, s'est dit dimanche «terriblement choqué» par la nouvelle affaire au sein de l'UIMM et a estimé que l'indemnité de Denis Gautier-Sauvagnac devrait être supprimée. «Je fais partie de ceux que l'annonce de cette prime a terriblement choqués», a-t-il dit sur France Inter, en ajoutant qu'«on ne peut pas accepter le système où l'on est gagnant à tous les coups».
 
Yves Jego, porte-parole de l'UMP, a estimé que Denis Gautier-Sauvagnac devrait rendre les sommes reçues. «Ce n'est tout de même pas une paille», a-t-il déclaré sur LCI, «il me semblerait sain que l'on demande à M. Gautier-Sauvagnac de rendre ce million et demi».
 
«Une chape de plomb a été mise en place au dessus de cette affaire»
 
Du côté du Modem et de François Bayrou, on dénonce «un pacte de silence» à propos de l'indemnité de Denis Gautier-Sauvagnac et il a estimé que c'est désormais «à la police et à la justice de faire la lumière sur cette affaire».
 
«Depuis plusieurs mois une chape de plomb a été mise en place au dessus de cette affaire, dans laquelle tout le monde se tait comme s'il était normal que 20 millions d'euros aient disparu», a dénoncé le leader centriste à propos des sommes retirées entre 2000 et 2007 des caisses de l'UIMM sous l'autorité de M. Gautier-Sauvagnac.