Le « Wanted » du « roi des forains »

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes

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« La police le fait, alors pourquoi pas moi ? » C'est, en substance, le raisonnement tenu par Marcel Campion. « Le roi des forains », célèbre pour avoir érigé sa grande roue place de la Concorde, à Paris, promet une récompense de 50 000 euros « à qui pourra donner un renseignement » en vue de l'arrestation des agresseurs de son frère. André Campion, 69 ans, a été frappé puis dépouillé dans sa maison, dans l'Oise, au cours de la nuit du 24 au 25 février. Pour se justifier, le forain cite en exemple les primes offertes par l'Etat à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) pour retrouver les auteurs de violences contre des policiers.

Sans surprise, cette initiative est fraîchement accueillie par les syndicats de policiers. Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance, est à deux doigts de s'étrangler : « On n'est pas au Far West ici ! Imaginez le nombre de gens qui risquent de jouer aux chasseurs de primes ! En plus, c'est une vraie justice de riches. » Bref, selon Lagache, « c'est à l'Etat de décider, et seulement pour des affaires très graves, s'il convient de proposer une prime. »

Pour transmettre l'argent, Marcel Campion a indiqué samedi qu'il passerait par « un détective privé ». Selon nos informations, aucun n'avait hier accepté le contrat. « Ça ne m'étonne pas, assure un enquêteur privé du Sud. Je trouve ce procédé dangereux. Et juridiquement, ça me semble très flou. »

Contacté hier, le porte-parole du ministère de l'Intérieur se montre prudent : « Sous réserve de la légalité » de cette initiative, pas encore confirmée par le ministère, « c'est une affaire privée, nous n'avons pas à réagir ».