Mobilisation contre l’affectation d’un prof d’extrême-droite à l’université de Poitiers

Avec agence

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NAKI/SIPA

Des étudiants de la faculté de Poitiers, soutenus par la présidence, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés lundi contre l’affectation d'un professeur d’histoire du droit en raison de son passé au sein du mouvement d'extrême droite GUD, selon un correspondant de l'AFP.

Une pétition en ligne a été lancée et a recueilli plus de 250 signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du doyen de la faculté des sciences humaines et arts. «Les affectations ne posent pas de problème la plupart du temps. Mais la venue de ce juriste et nouvel agrégé d'histoire de droit est une source de trouble», a déclaré à la presse le président de l'université Jean-Pierre Gesson.

Les étudiants ont annoncé qu'ils «perturberaient les cours du nouvel agrégé en lui rappelant à chaque fois son passé». Ils lui demandent «de renier ses engagements» passés au sein du GUD où il a été président du groupement d’extrême droite universitaire de 1995 à 2000.

20minutes.fr avait révélé il y a deux semaines que Benoît Fleury, en tant que major de l'agrégation, allait pouvoir choisir l'université où il voulait enseigner. Son choix s’est finalement porté sur Poitiers.

L’université demande l’annulation de l’affectation

«Le conseil d’administration prend acte avec la plus vive inquiétude de l’éventuelle nomination de Benoît Fleury et regrette que la procédure d’affectation des agrégés du supérieur ne laisse aucun droit aux instances de l’université, ni à son président, de s’opposer au recrutement d’un ancien dirigeant d’un groupuscule violent d’extrême droite», indique l'université dans un communiqué.

«Compte tenu de l’opposition de la communauté universitaire et afin d’apaiser les tensions, le conseil d’administration demande au président de la République de ne pas procéder à la nomination et à l’affectation à Poitiers de Benoît Fleury», conclut le texte.