Quand la langue de Nicolas Sarkozy fourche

Nadia Daam

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Un pêcheur invective Nicolas Sarkozy le 6 novembre au port du Guilvinec, dans le Finistère
Un pêcheur invective Nicolas Sarkozy le 6 novembre au port du Guilvinec, dans le Finistère — Capture d'écran de Dailymotion

Quand Jacques Chirac perdait ses mots ou son sang-froid, c’était en anglais dans le texte avec le culte «Do you want me to take my plane?» et le tristement célèbre «bruit et l’odeur». Depuis le début de son mandat présidentiel, soit dix mois, Nicolas Sarkozy a également honoré sa
promesse de rupture avec un vocabulaire peu châtié dont la presse < ou le web < s'est largement fait l'écho.

Ce week-end, en visite au Salon de l’agriculture, le chef de l’Etat a répondu à un badaud qui refusait de lui serrer la main un «casse-toi, pauv' con» pas franchement protocolaire. Une liberté de ton et de vocabulaire qui a entraîné beaucoup de réactions.


Au mois d'août 2007, une saillie présidentielle relevée par Yasmina Reza dans «L'aube, le soir ou la nuit» avait également échauffé les esprits. «Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à
regarder un radar? Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte!» Vague d'indignation en Bretagne
qui a aussi été le théâtre d'une autre algarade entre le président et un citoyen français.

Au mois de novembre 2007, insulté par un pêcheur en colère au Guilvinec, Nicolas Sarkozy, lui avait répondu sur le même ton: «Viens, viens me le dire en face».




Le verbe peu amène du Président vise parfois aussi son entourage. Pendant la campagne de la présidentielle, «Le Canard Enchaîné» avait publié des propos que Nicolas Sarkozy aurait tenu en février, sur l'île de la Réunion. «Je suis entouré d’une bande de connards! Méhaignerie aurait dû se taire. Ce
centriste mou parle trop! C’est vrai que ça va être difficile et même quasi impossible de tout faire mais il ne fallait pas le dire. C’est toujours comme ça une campagne: on promet pour être élu et après on déçoit (S) Heureusement que la Ségolène est nulle et que sa campagne ne prend pas, sinon, c’est moi qui serait dans la merde aujourd’hui.»

David Martinon a lui aussi essuyé le courroux du chef de l'Etat. En octobre 2007, Nicolas Sarkozy est l'invité de 60minutes, une émission de la chaîne américaine CBS mais les questions que lui pose la journaliste ne lui plaisent pas du tout (sur la rumeur de divorce d'avec Cécilia). Et le Président de souffler un «Quel imbécile» destiné au porte-parole du gouvernement pour n'avoir pas empêché cette incursion dans sa vie privée.