«L'évident manque de sang-froid» de Nicolas Sarkozy

REVUE DE PRESSE La presse quotidienne française revient ce lundi matin sur les propos du président de la République...

Anne-Noémie Dorion

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Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le 45e salon de l'agriculture de Paris en promettant d'engager dès la présidence française de l'Union européenne (UE) en juillet une "refondation" de la politique agricole commune et en affichant sa fermeté dans les négociations à l'OMC.
Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le 45e salon de l'agriculture de Paris en promettant d'engager dès la présidence française de l'Union européenne (UE) en juillet une "refondation" de la politique agricole commune et en affichant sa fermeté dans les négociations à l'OMC. — Eric Feferberg AFP

Sans surprise, la plupart des quotidiens français reviennent ce lundi matin sur les vigoureux propos lancés, samedi, par Nicolas Sarkozy à un visiteur qui refusait de lui serrer la main au salon de l'agriculture.

Le «casse-toi alors pauvre con» asséné par le chef de l'Etat passe mal. Au point que Libération y consacre même sa Une. Rappelant la «Colère présidentielle», la première page du quotidien présente une caricature de Nicolas Sarkozy littéralement vert de rage, et reprend en toutes lettres la «réplique musclée» du Président. Le journal profite de la perle du salon de l'agriculture pour rappeler les précédents «écarts verbaux d'un Sarkozy qui manque de sang-froid». Déjà, souligne Libération, le Président «à fleur de peau» , «trop souvent à cran», avait «piqué une colère» en novembre dernier avec les marins pêcheurs.

«Pataquès de Neuilly»


Parlant carrément de «série noire» de Nicolas Sarkozy, le Parisien replace lui aussi «le nouveau coup dur» qui touche le chef de l'Etat, dont la visite au salon de l'agriculture «a viré à l'injure avec un badaud», dans un contexte plus large, du «pataquès de Neuilly», aux «controverses» sur les conseillers présidentiels et la rétention de sûreté.

Refusant d'entrer dans la polémique, le Figaro se contente d'évoquer la réponse «sèche» du chef de l'Etat.

«Evident manque de sang-froid»

Dans la République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig note que les prédécesseurs du Président, eux aussi victimes de «l'insulte publique», ont «su, d'une manière ou une autre, dominer leurs nerfs et opposer l'indifférence souveraine qui sied au chef de l'Etat, plutôt que de céder au rentre-dedans. Nicolas Sarkozy n'est pas de cette trempe».

Dans Midi libre, la plume de Michel Noblecourt est tout aussi sévère. Le journaliste dénonce «une attitude incompatible avec la dignité qu'on attend d'un président de la République. Et qui dénote, là aussi, un évident manque de sang-froid».

Faire «l'omelette de la rupture sans casser des oeufs»

Tout en donnant «raison» au Président sur son jugement face au visiteur récalcitrant, Daniel Ruiz, de La Montagne, souligne que «L'ennui une fois encore, ce sont ces pulsions d'adolescent, ce manque de détachement qui provoque chez Nicolas Sarkozy des réactions ordinaires. Or il n'est pas ordinaire et il est président de la République. Cette propension à vouloir toujours être comme tout le monde est son problème.»

Le Progrès
souhaite quant à lui sauver le soldat Sarkozy. Mais à une condition «que notre jeune et fougueux Président apprenne à faire l'omelette de la rupture sans casser des oeufs, sans violenter la Constitution ni offenser les bonnes manières.»

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