Moins d'infarctus à la sortie du café

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Sans fumée dans les poumons, le coeur est mieux accroché. Moins de deux mois après l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics, le nombre d'infarctus du myocarde et d'accidents vasculaires cérébraux a chuté de 15 %. Y a-t-il un lien de cause à effet ? Oui, selon l'étude qui sort ces chiffres. Elle a été rendue publique samedi par le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e) et président de l'Office de prévention du tabagisme, missionné fin 2006 par le ministère de la Santé. « J'ai été surpris par la rapidité des effets de [cette mesure] sur la santé, ce qui prouve que le tabagisme passif tue vite, et beaucoup », a-t-il déclaré à l'AFP. En France, 55 000 fumeurs décèdent chaque année à cause du tabac et 3 000 personnes meurent en raison du tabagisme passif. La semaine dernière, la Fédération française de cardiologie rappelait justement qu'« une exposition à la fumée, même pendant quelques heures, provoque pratiquement les mêmes effets que le tabagisme actif ». A terme, la baisse du nombre d'infarctus devrait être comprise entre 11 et 19 %. Soit des chiffres sensiblement identiques à ceux qui sont observés chez nos voisins européens (lire ci-contre).

Le bannissement de la cigarette de tous les cafés, restaurants, bars-tabac du pays a aussi un impact sur la santé des serveurs et patrons de ces établissements, d'après l'étude. Yeux rouges, essoufflement, toux et mal de gorge sont en baisse : un tiers des salariés disent n'avoir ressenti, en janvier, aucun de ces symptômes, contre 19 % en janvier 2007. En revanche, la consommation de tabac est restée la même, contrairement à ce qui s'était passé en Irlande et en Italie. Les fumeurs fument dehors, mais fument autant !