Les ennuis s'accumulent en Sarkozie

PRESIDENCE Nicolas Sarkozy dans une passe difficile...

D. C.

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Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le 45e salon de l'agriculture de Paris en promettant d'engager dès la présidence française de l'Union européenne (UE) en juillet une "refondation" de la politique agricole commune et en affichant sa fermeté dans les négociations à l'OMC.
Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le 45e salon de l'agriculture de Paris en promettant d'engager dès la présidence française de l'Union européenne (UE) en juillet une "refondation" de la politique agricole commune et en affichant sa fermeté dans les négociations à l'OMC. — Eric Feferberg AFP

«Il y a quelque chose qui ne tourne plus rond.» Même en interne, dans le parti de la majorité, on s'inquiète - en «off» - de l'accumulation de faux pas, en seulement quelques jours, du président de la République. A deux semaines du premier tour des élections municipales, une chute dans les sondages et cette incapacité à rebondir font grandir les craintes d'un vote-sanction.

· Mal vu Opposition, magistrats, avocats : de nombreuses voix se sont élevées ce week-end contre la tentative de Nicolas Sarkozy de rendre immédiatement applicable la rétention de sûreté en s'adressant à la Cour de cassation, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel. Les sages ont en effet refusé que ce texte, visant à incarcérer des criminels dangereux à l'issue de leur peine, s'applique pour les condamnés actuellement en prison. Les socialistes, qui dénonçaient une atteinte à l'Etat de droit, se sont vu accuser d'être du côté des assassins par Nadine Morano, porte-flingue de l'UMP. Mais hier, même Bernard Accoyer, président UMP de l'Assemblée, a rappelé que les décisions du Conseil constitutionnel sont «sans appel».

· Mal à propos Les déclarations controversées la semaine dernière d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, sur les sectes et la scientologie, ont relancé le débat sur les interventions des conseillers de l'Elysée dans les médias. Dans une tribune publiée dans Le Monde samedi, Edouard Balladur, ex-Premier ministre proche du chef de l'Etat, a rappelé que «tous ceux qui ne sont ni des élus, ni des membres du gouvernement doivent s'astreindre à une plus grande réserve».

· Malpoli «Casse-toi alors, pauvre con» : la vidéo mise en ligne samedi soir sur le site du Parisien montrant Nicolas Sarkozy en train d'insulter un visiteur au Salon de l'agriculture, s'est diffusée comme une traînée de poudre sur le Net. «Tout cela parasite l'action de la majorité», a regretté hier l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin. Interrogé par 20minutes.fr, Frank Louvrier, conseiller presse de l'Elysée, se désole que cette «vidéo poubelle occulte tout le reste».

· Mal aimé Conséquence de tout cela, il y a désormais dix-neuf points d'écart - un record sous la Ve République, hors cohabitation - entre Nicolas Sarkozy (38% d'opinions favorables, en baisse de neuf points en un mois) et son Premier ministre (57%, en hausse de sept points), selon un sondage Ifop paru dans Le JDD d'hier. Et le taux d'insatisfaits de la politique du chef de l'Etat atteint 62%. Dans un autre sondage CSA, les Français s'opposent à 61% à la proposition du Président de «confier» aux élèves de CM2 la mémoire d'un enfant juif de France victime de la Shoah. «Ce qui nous inquiète le plus, c'est que nous sommes en train de nous éloigner de notre socle électoral», analyse un cadre de l'UMP.