Villiers-le-Bel: la classe politique condamne la médiatisation

REACTIONS Le Parti socialiste réclame «une enquête» du ministère de l'Intérieur...

Avec agence

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Après la descente à Villiers-le -Bel (Val d'Oise) d'un millier de policiers ce lundi matin, les réactions de la classe politique ne se sont pas faites attendre.

Le Parti socialiste
Dans un communiqué, la secrétaire nationale à la Sécurité, Delphine Batho, a réclamé l'ouverture d'«une enquête» du ministère de l'Intérieur pour déterminer comment la presse avait été avertie de l'opération avant son déclenchement.

Le député-maire (PS) de Sarcelles, François Pupponi, dit quant à lui avoir été informé à 6h08 par le sous-préfet du Val-d'Oise. «C'est normal. Ce qui ne l'est pas c'est que les médias aient été au courant la veille. Il n'est pas sain et digne de se servir d'une opération judiciaire pour en faire un coup médiatique, surtout dans ce genre de quartier.»

Razzy Hamadi, secrétaire national à la Riposte, a qualifié l'opération de Villiers-le-Bel de «police bling-bling». «Ce dispositif quasi militaire aura pour seule conséquence de détériorer encore les relations entre les policiers et les habitants des banlieues.»

Ségolène Royal a dénoncé «une opération policière médiatisée», estimant qu'il s'agit «d'un dysfonctionnement grave de la République». «Quand des caméras accompagnent des opérations policières massives en période municipale, c'est une façon d'influencer l'opinion, de vouloir faire peur», a déclaré sur France Inter l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle.

Le maire de Villiers-le-Bel
Didier Vaillant (PS), a jugé quant à lui «anormal» d'avoir été prévenu par la préfecture à 6h02, «après les médias».

Le Parti communiste français
Le parti de Marie-George Buffet a qualifié cette opération de «gigantesque cirque médiatique», jugeant qu'elle avait «manifestement d’autres objectifs que la seule recherche de la vérité au vu du nombre de rédactions mobilisées pour couvrir l’événement».
Selon le PCF, «à deux semaines des municipales, qui s'annoncent désormais comme un véritable chemin de croix pour le pouvoir en place, le président de la République cherche à marquer les esprits dans une inflation ultra-sécuritaire quitte à enflammer une situation sociale de plus en plus fragile».

L'UMP
Michèle Alliot-Marie a également regretté la «médiatisation» de l'événement, jugeant qu'elle pouvait «mettre en jeu la sécurité des policiers et des journalistes». La ministre de l'Intérieur a toutefois salué «une très belle opération, une opération très réussie, réalisée dans le calme».

A la question «Opération spectacle?», Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, a répondu du tac-au-tac: «opération efficacité». «En France, il n'y a pas de non droit. Les Français sont sensibles à la politique de zéro tolérance», a-t-elle ajouté.

Le MoDem
François Bayrou
a également appelé à «ne pas mélanger la justice et la mise en scène», tout en soulignant que ces faits «doivent avoir des suites».«Il semble que la presse a été conviée, et là je suis nettement plus réservé. (...) La justice, c'est fait pour obtenir l'arrestation et moins pour faire de la communication», a poursuivi le président du MoDem sur Europe 1.