Villiers-le-Bel: 35 personnes interpellées

POLICE Parmi les personnes interpellées, il y a le frère d'une des deux victimes de novembre dernier...

C. F. avec agence

— 

Trente-trois personnes, soupçonnées d'avoir participé aux violences contre les forces de l'ordre fin novembre 2007 à Villiers-le-Bel, ont été interpellées lundi lors d'une opération de grande ampleur qui a mobilisé près d'un millier de policiers dans cette ville du Val-d'Oise.
Trente-trois personnes, soupçonnées d'avoir participé aux violences contre les forces de l'ordre fin novembre 2007 à Villiers-le-Bel, ont été interpellées lundi lors d'une opération de grande ampleur qui a mobilisé près d'un millier de policiers dans cette ville du Val-d'Oise. — Franck Fife AFP
La distribution de tracts a-t-elle porté ses fruits? En tout cas, selon la procureure de Pontoise, ce sont trente-cinq personnes qui ont été interpellées ce lundi à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) et dans les communes voisines (Gonesse et Sarcelles) dans le cadre d'une opération de police de grande ampleur. Parmi les personnes interpellées, il y a le grand frère de Larami, un des deux jeunes tués dans une collision avec une voiture de police, accident qui avait déclenché les émeutes de novembre dernier.
L'objectif de la descente policière de ce matin était d'interpeller les auteurs de violences contre des policiers dans cette ville.

Début décembre, la police avait distribué des tracts invitant les témoins des coups de feu tirés contre des policiers à se manifester en échange de «plusieurs milliers d'euros». Selon des sources proches de l'enquête, au moins trois témoignages anonymes ont permis aux enquêteurs de cibler dans un premier temps deux frères, domiciliés à Villiers. Ils ont été surveillés, mais, selon ces mêmes sources, ces deux suspects, qui feraient partie des objectifs de l'opération de lundi matin, ont été très discrets.

>> Suivez cette actualité toute la journée sur 20minutes.fr

Près de 1.000 policiers du Raid, de l'office central de répression du banditisme (OCRB), des groupes d'intervention de la police nationale (GIPN), des services de police judiciaire de Versailles et Paris, ont participé à cette opération.

A 6h, des membres des CRS, du RAID et de la PJ ont pénétré dans une dizaine d'immeubles à Villiers, par petits groupes de trente. Quatre à cinq d'entre eux attendaient au pied de chaque immeuble, tandis que leurs collègues, dont certains portaient un bélier pour ouvrir les portes en cas de résistance, montaient dans les étages, selon un journaliste de l'AFP présent sur les lieux comme de nombreux autres médias. Le véhicule de la brigade de recherche et d'intervention (BRI -«anti-gang») de la police judiciaire, surnommé «Robocop», n'était en revanche pas sur les lieux, contrairement à ce qui a été indiqué précédemment.

Ce déploiement massif s'est déroulé silencieusement. Enfin presque. «J'ai entendu un bruit d'hélicoptère un peu avant 6h», témoigne pour 20minutes.fr une habitante d'un immeuble de la cité du Bois-Joli. «Je me suis mise à la fenêtre et j'ai vu des véhicules de police garés tout au long de la route et dans le parking du centre commercial en face. C'était choquant de voir ça dès le matin.» A la sortie des immeubles, ceux qui partaient à leur travail étaient éberlués de tomber nez à nez avec des policiers. «Pour l'instant, tout est très calme», constate toutefois un membre de la maison de quartier Allende.

Critiques sur la médiatisation

«Les méthodes d'intervention étaient à la hauteur des faits criminels», a déclaré la procureure de Pontoise ce lundi matin. Désamorçant par avance les critiques sur le caractère très médiatique de l'opération, Marie-Thérèse de Givry a assuré que «ni le parquet ni les services de police agissant dans le cadre d'une commission rogatoire du juge d'instruction (n'avaient) souhaité la médiatisation de cette opération».

«Que les choses soient claires, au contraire, notre crainte était que la présence de la presse n'alerte les objectifs précis qui avaient été déterminés», a-t-elle insisté. Lors d'un premier point de presse au McDonald's de Villiers, elle avait déclaré qu’elle jamais n’avait «jamais vu une opération de police de cette envergure».