Avec la grossesse, le désir doit être couvé

David Carzon

— 

Héléna Walther.
Héléna Walther. — S. Pouzet / 20 MINUTES

«Sauf contre-indication médicale, vous pouvez avoir des rapports sexuels jusqu'à la fin de votre grossesse.» C'est à peu près le seul conseil que les femmes enceintes peuvent dégoter concernant leur libido dans les livres spécialisés, alors qu'elles trouveront toutes les réponses à leur moindre bobo.

«Aujourd'hui, on ne peut plus réduire cette question à la seule approche médicalisée, et Internet permet désormais à des femmes isolées de partager leurs expériences avec d'autres.» C'est le constat auquel est parvenu Héléna Walther, fondatrice du site magrossesse.com, qui sort aujourd'hui le livre «Désir et grossesse» (Les Editions du Toucan), dont elle dévoile les principaux enseignements en exclusivité pour «20 Minutes». «Durant deux ans, j'ai recueilli dans les forums de mon site de nombreux témoignages de femmes qui souffraient dans leur coin, qui se trouvaient moches, qui se dégoûtaient, qui avaient besoin de se sentir rassurées...», explique Héléna Walther, qui a envoyé un questionnaire à 30.000 femmes et près de 4.000 hommes pour savoir comment ils avaient vécu leur sexualité durant cette période. Les résultats sont parfois étonnants «entre celles qui perdent tout appétit sexuel et d'autres qui développent une soif de libido dépassant l'entendement», analyse Héléna Walther.

Paradoxe symptomatique: une majorité de personnes interrogées se trouve plus belles mais pas forcément plus sexy. Une distinction que les hommes font beaucoup moins. «La perte de libido peut être liée à des problèmes d'ordre physiologique, la difficulté de passer du rôle de femme à celui de mère, ou même à une peur irraisonnée de faire mal au bébé», détaille l'auteur. Trop souvent, dans les clichés populaires, on assimile l'augmentation de la libido à une simple question hormonale. «On oublie que le regard de l'homme joue un rôle essentiel, tempère Héléna Walther. S'il montre à sa femme qu'il l'aime et qu'il a envie d'elle, le désir n'en sera que multiplié. La femme enceinte a besoin d'être désirée.» Et même si ce n'est pas une fatalité, une sexualité mal vécue durant une grossesse peut laisser des traces durables dans un couple. C'est donc une question à ne pas prendre à la légère.