Retour sur la piste du «Royal Wok» dans l'affaire Estelle Mouzin

ENQUETE D’où venait l’information sur les ossements? Qu'a-t-on découvert? 20minutes.fr fait le point...

Catherine Fournier (avec agence)

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L'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin a connu jeudi sa première avancée, cinq ans après la disparition de la fillette, avec l'interpellation de dix personnes et des investigations pour retrouver les traces d'un corps d'enfant à Brie-Comte-Robert
L'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin a connu jeudi sa première avancée, cinq ans après la disparition de la fillette, avec l'interpellation de dix personnes et des investigations pour retrouver les traces d'un corps d'enfant à Brie-Comte-Robert — Patrick Kovarik AFP

Après la diffusion d’un portrait-robot en 2003 et la mise en cause temporaire du tueur en série présumé Michel Fourniret en 2006, la piste d’ossements découverts dans un restaurant chinois de Seine-et-Marne aura été le troisième rebondissement important d’une enquête qui bute depuis cinq ans. Avant de se révéler problablement une «fausse piste». Que s’est-il passé? 20minutes.fr fait le point.

D’où vient l’information sur les ossements?
Du journaliste indépendant Mohammed Sifaoui. Après avoir réalisé un reportage sur le milieu asiatique dans le cadre de l’émission «le Droit de savoir» diffusée en novembre dernier sur TF1, il est allé voir la police pour lui faire part d’une information qu’il dit avoir recueilli pendant son enquête. Il a expliqué ce vendredi à l'AFP avoir transmis début janvier à la Police judiciaire la cassette d'une interview dans laquelle un homme raconterait avoir appris qu'un cadavre avait été retrouvé au «Royal Wok» à Brie-Comte-Robert lors de travaux réalisés en août dernier. Le témoignage est précis: il s’agirait du corps en décomposition d’une fillette sur lequel des cheveux châtains et un morceau d'étoffe rouge auraient été découverts. Une description correspondant au signalement de l’enfant à l’époque de sa disparition, le 9 janvier 2003.

Au lieu d’aller voir la police, «les auteurs de cette découverte se seraient débarrassés de la dépouille dans une décharge», selon une source proche de l’enquête citée par «Le Figaro». Pourquoi? C’est ce que l’enquête devra démontrer.

Que fait alors la police?
Cette information intéresse bien sûr les enquêteurs, dans la mesure où Brie-Comte-Robert est situé à 25 km de Guermantes, le village où Estelle Mouzin a disparu. Le procureur de la République de Meaux, René Pech, requiert début janvier un supplément d'information «pour recel de cadavre». Jeudi, une perquisition est menée au restaurant en question et dix personnes sont placées en garde à vue: le gérant de l’établissement, des ouvriers et des entrepreneurs. Selon «Le Parisien», au moins l’un d’entre eux, confirme la découverte d’ossements dans les soubassements de cet ancien entrepôt, évoquant un «cadavre animal». Il désigne l’endroit où ils ont été trouvés.
Un important dispositif est déployé sur les lieux: une mini tractopelle commence à pilonner la dalle de béton, sous les yeux des enquêteurs, de la police scientifique, du médecin légiste, du procureur de Meaux et de la juge d’instruction chargée de l’affaire. Des chiens spécialisés dans la recherche de cadavres attendent le signal.

Que découvre-t-on?
Trois fragments d’ossements finissent pas être trouvés dans la soirée, mais ils sont bien d’origine animale, selon l’analyse médicolégale réalisée en urgence. Sur les dix personnes interpellées, six sont relâchées vendredi matin, «car il n'y a rien à leur reprocher», déclare une source policière. Trois autres devaient l'être dans l'après-midi. «Les personnes qui ont donné ces renseignements se sont pris à leur propre jeu: ce sont des affabulateurs, a ajouté cette source. Il y a ceux qui ont vu les ossements qui l'ont raconté à d'autres qui ont déformé la réalité». Des poursuites pénales pour dénonciation de délits imaginaires pourraient être engagées, selon une source proche du dossier.

A qui appartenait l’entrepôt?
Avant d’être racheté courant 2007 pour être transformé en restaurant chinois, l’entrepôt a appartenu pendant de longues années à la société Bony, spécialisée dans la menuiserie, indique «Le Figaro» ce vendredi. Mise en vente en 2003, elle a été vendue en novembre 2004 à la société Altona, qui fabrique en Roumanie du matériel de jardin. «Pendant ce temps, l’entrepôt était vide, mais personne n’est rentré. Si la dalle avait été endommagée, on l’aurait vu», explique le propriétaire au quotidien.