Nouvelle journée de rebondissements à la Société générale

CH. L avec agences

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L'affaire de la Société Générale devrait connaître de nouveaux développements avec la probable audition de membres de l'encadrement mis en cause par Jérôme Kerviel, dans cette enquête qui n'est pas étendue pour le moment au délit d'initié, réclamé par des actionnaires.
L'affaire de la Société Générale devrait connaître de nouveaux développements avec la probable audition de membres de l'encadrement mis en cause par Jérôme Kerviel, dans cette enquête qui n'est pas étendue pour le moment au délit d'initié, réclamé par des actionnaires. — Jean Ayissi AFP

Le 30 janvier était annoncé par certains comme le dernier jour de Daniel Bouton à la tête de la Société générale, selon certains observateurs. Il n’en est rien. Le conseil d’administration, à l’unanimité et contrairement à l’avis de Nicolas Sarkozy, a décidé de maintenir le responsable en poste. Sans doute a-t-il jugé, selon la formule de Philippe Pruvost, un administrateur, que «quand un navire coule, on ne jette pas le capitaine par-dessus bord».

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Daniel Bouton reste donc en place, mais sous surveillance: la banque a mis en place un comité de crise, présidé par Jean-Martin Folz, PDG de PSA Peugeot Citroën de 1997 à 2007, resté dans les esprits comme l’homme qui a redressé le groupe automobile. Par ailleurs, Daniel Bouton a déclaré ce mercredi que la banque avait procédé à six licenciements à la suite des pertes de 4,8 milliards d'euros.

Un débouclage rapide et secret

Pendant ce temps, les déclarations polémiques se poursuivaient tous azimuts, dans le cadre de l’enquête SocGen: le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat estimé mercredi que «tous les contrôles permanents au sein de la Société générale» ne semblaient pas avoir «fonctionné comme ils auraient du». Christian Noyer a également déclaré avoir accepté le dimanche 20 janvier le principe d'un débouclage «rapide» et «secret» des positions prises par Jérôme Kerviel, dans le but d’assurer «la stabilité financière» et de «protéger les clients». La Société générale avait liquidé entre le lundi et le mercredi l'ensemble des engagements, perdant au final plus de 4,8 milliards d'euros et accentuant la chute des marchés boursiers en Europe.

Les déclarations du trader

Autres déclarations fracassantes, celles de Jérôme Kerviel qui, filtrant déjà mardi, ont été plus largement diffusées aujourd’hui. Il affirme que la banque était au courant de ses agissements, suivant le principe du «pas vu pas pris; pris, pendu». Ce mercredi, le domicile parisien de son frère a été perquisitionné.

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Parallèlement, le débat progresse sur l’avenir de la Société générale: rachat par un établissement français? OPA par un étranger? Démantèlement? Rien ne semble fixé, mais selon des rumeurs, le PDG Daniel Bouton se serait déclaré mercredi prêt à «étudier» une offre amicale de rachat, tout en réaffirmant sa position «d'indépendance». Une affirmation démentie par la Société générale.
Le gouvernement, quant à lui, affiche sa préférence pour un rachat par BNP-Paribas, ce qui permettrait à la banque de rester française.
En cette période d’incertitude, les jours à venir risquent d’être mouvementés: deux rassemblements de salariés sont déjà prévus jeudi contre le démantèlement.

Les rumeurs, en tous cas, dopent les titres de la banque: à la bourse, la Société Générale (+4,27% à 81,80 euros) a encore bondi en fin de séance, après son envolée de 10,42% mardi.