«Religion et laïcité»: le programme de nouveaux étudiants musulmans à la Catho

SOCIETE Depuis mardi, des étudiants musulmans, notamment de futurs imams, reçoivent à l’Institut catholique de Paris une formation non religieuse intitulée «Religions, laïcité, interculturalité». Un enseignement qui vise à harmoniser les relations entre la religion et les valeurs républicaines…

Christina Lionnet

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Etude du Coran. L'imam est celui qui guide la prière et prononce le prêche, qui s'appuie sur le Coran.
Etude du Coran. L'imam est celui qui guide la prière et prononce le prêche, qui s'appuie sur le Coran. — F. DUFOUR / AFP

Ils sont trentenaires comme quinquagénaires. Certains sont de nationalité française, d'autres algériens, tunisiens ou encore comoriens. Pour beaucoup, ils se destinent à devenir imams. La nouvelle promo du cours «Religions, laïcité, interculturalité» dispensé par l’Institut catholique de Paris a effectué mardi sa «rentrée».

Au programme de cette formation non-confessionnelle, entre autres, des cours sur les institutions de la Ve République française, sur les Droits de l’homme ou encore une approche des différentes confessions, de l’hindouisme au protestantisme en passant par le judaïsme ou le catholicisme. Une approche qui vise, selon Benoît Audhuy, du rectorat de l’Institut, «l’intégration par l’apprentissage des valeurs de la République.» La formation est mise en place conjointement par l’Institut catholique et le ministère de l’Immigration et de l’Intégration, qui la finance.
 
De futurs imams
 
En théorie, le cycle a vocation à accueillir des étudiants, des enseignants, mais aussi des cadres associatifs ou des travailleurs sociaux confrontés à la question de l’articulation entre laïcité et religion. Dans les faits, la première «promo», d'une vingtaine d' étudiants, est en grande majorité composée d’élèves de l’Institut de la Grande Mosquée de Paris, qui peut ainsi faire bénéficier ses élèves d'une formation «complémentaire, facultative et ponctuelle (…) dans le seul but de favoriser leur bonne intégration républicaine», comme l’indiquait Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée en octobre, au moment de l'annonce de ce cycle de cours.
Beaucoup se destinent à être imams, aumôniers ou aumônières, car la formation a aussi attiré quelques femmes.

Selon les responsables, la formation, à terme, espère rassembler des étudiants de toutes tendances religieuses même si, insiste Olivier Bobineau, directeur du Diplôme universitaire (D.U.) «je n’ai pas à demander la confession de mes étudiants».

La création du cycle, souhaitée par certains membres de la communauté musulmane et qui attire de futurs imams, avait été écartée par plusieurs universités, craignant sans doute que cette formation inédite ne contredise le principe de laïcité.