Que va devenir la Société générale?

ECONOMIE Statu quo? Rachat par un établissement étranger? Fusion avec une banque française? Voici les scénarios possibles…

Ch. L

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Après la mise en examen de Jérôme Kerviel, les juges vont s'attacher à décortiquer les mécanismes bancaires ayant conduit à la perte record de la Société Générale qui s'est constituée partie civile, mardi, mais dont la responsabilité a été mis en cause par le trader.
Après la mise en examen de Jérôme Kerviel, les juges vont s'attacher à décortiquer les mécanismes bancaires ayant conduit à la perte record de la Société Générale qui s'est constituée partie civile, mardi, mais dont la responsabilité a été mis en cause par le trader. — Eric Feferberg AFP/Archives

Alors que le conseil d’administration de la Société générale, qui se tient ce mercredi, doit fixer le sort de son PDG Daniel Bouton, on s’interroge sur l’avenir de la banque elle-même. Bénéficiaire en 2007 selon la direction, mais fragilisée, que va-t-elle devenir? Plusieurs scénarios sont envisageables:

1. Le «statu quo»: la banque maintient son indépendance

La «Soc Gen», qui a annoncé la semaine dernière une recapitalisation de 5,5 milliards d’euros, a-t-elle les moyens de continuer à faire route seule? C’est l’impression que la direction a cherché à donner, en multipliant les propos rassurants sur la santé de la banque: une banque «tellement solide» selon Daniel Bouton que le «jour où nous annonçons la fraude, la situation financière de la banque est non seulement restaurée, mais elle est plus forte». Des rumeurs circulent sur des investissements possibles de fonds souverains du Moyen-Orient ou de grosses maisons comme Groupama.

2. Le scénario inverse: la banque est démantelée
Déjà, des noms d’établissements qui pourraient vouloir racheter la banque «en pièces détachées» circulent: le Crédit agricole ou l'italienne Unicredito pourraient être candidats au rachat de la banque d'affaires, tandis que la banque de détail reviendrait à BNP Paribas.

3. La prise de contrôle par une banque étrangère
De gros établissements intéressés par une extension de leurs activités en France, pourraient lancer une OPA. On évoque notamment HSBC, mais Barclays, autre banque anglaise, ou la néerlandaise ABN-Amro pourraient aussi tenter le coup. Un scénario qui, bien sûr, déplait au gouvernement pour qui la Société générale est et doit rester une grande banque «française». L'Elysée a laissé entendre qu'il s'opposerait à une prise de contrôle par un établissement étranger. Reste à savoir ce qu’il pourrait faire pour empêcher un tel rachat. La Commission européenne a réclamé mercredi un traitement égalitaire des repreneurs potentiels, une critique indirecte du gouvernement français qui dit vouloir s'opposer à un raid hostile sur la banque.

4. La fusion avec un français

C’est aujourd’hui vers BNP Paribas que se tournent les regards. La rumeur court d’une offre de BNP Paribas sur sa rivale, qu’elle avait déjà tenté de racheter en 1999. Une opération qui, selon son directeur général Baudoin Prot n’avait «aucun sens» il y a encore un mois, mais qui pourrait être réexaminée à la lumière de récents événements. BNP-Paribas vient d’ailleurs d’annoncer, ce mercredi un bénéfice net record de 7,8 milliards d'euros en 2007.

Si tel est le cas, la question sociale reviendra au premier plan. On peut imaginer qu’en cas de fusion, de nombreux emplois deviendraient redondants.
Pour l’heure les rumeurs, en tous cas, dopent les titres: la Société générale était toujours dans le vert ce mercredi matin (+0,13% à 78,52 euros), après un vigoureux rebond de 10,42% mardi.