Neuf nouveaux cas de surexposition au centre hospitalier d'Epinal

SANTE Ces cas sont liés à deux erreurs «qui n'ont rien à voir entre elles ni avec les précédentes», selon l’hôpital…

Sa. C. avec agence

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Des erreurs de manipulation sont à l'origine d'accidents de radiothérapie d'une ampleur encore inédite en France, qui ont entraîné un décès et des complications chez 13 des 23 patients traités pour des cancers de la prostate à Epinal entre 2004 et 2005, selon les autorités.
Des erreurs de manipulation sont à l'origine d'accidents de radiothérapie d'une ampleur encore inédite en France, qui ont entraîné un décès et des complications chez 13 des 23 patients traités pour des cancers de la prostate à Epinal entre 2004 et 2005, selon les autorités. — Jean-Christophe Verhaegen AFP

Neuf nouveaux cas de surexposition ont été décelés au Centre hospitalier d'Epinal à la suite de la mise en place d'un dispositif de surveillance médicale des anciens patients, a annoncé mardi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Pas de lien avec les précédentes affaires

Ces neuf cas sont liés à deux erreurs «qui n'ont rien à voir entre elles ni avec les précédentes», qui avaient abouti à la surirradiation de plus de 4.900 patients entre 1987 et 2006, selon le Dr Jean-Marc Simon, radiothérapeute de la Pitié-Salpêtrière détaché à l'hôpital d'Epinal pour l'organisation de la surveillance des patients surdosés.

>> Notre dossier sur les surirradiés d'Epinal

L'ASN a été informée des cas de huit patientes traitées en juillet et août 1993 pour un cancer du sein, «qui auraient été surexposées à la suite d'une erreur de paramétrage des faisceaux faisant suite à l'installation d'un nouvel accélérateur». Ces huit femmes ont reçu une dose supérieure de 20% à ce qui était prescrit, mais deux d'entre elles ont vu leur traitement interrompu très rapidement, dès la détection de l'erreur, a indiqué le Dr Simon.

Deux décès

Deux de ces patientes sont décédées, mais «leur mort n'est pas liée à la surexposition», celle-ci ne concernant aucun organe vital, a assuré le radiothérapeute. «Le seul effet secondaire du surdosage dans les cas présents est une modification cutanée», a-t-il affirmé.

Le neuvième signalement fait à l'ASN le 16 janvier concerne une patiente traitée en 1998 pour un cancer du sein, puis en 2003 pour une métastase osseuse dorsale. «La moelle épinière avait déjà été irradiée en 1998, ce dont on aurait dû tenir compte lors du traitement de l'épine dorsale» pour éviter des «risques de paralysie», a expliqué Jean-Marc Simon. La patiente ainsi surexposée est «handicapée moteur depuis plusieurs années», a-t-il ajouté. Ce dernier accident est «unique», selon le Dr Simon.