Ils veulent tous trouver Kerviel

MEDIAS Une interview ou une photo du désormais célèbre courtier…

Alexandre Sulzer

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Des journalistes attendent Jérôme Kerviel devant la brigade financière de Paris le 28 janvier
Des journalistes attendent Jérôme Kerviel devant la brigade financière de Paris le 28 janvier — AFP

La chasse à l'homme continue. Plusieurs jours après que le scandale de la Société générale a éclaté, aucun média n'a réussi à entrer en contact directement avec Jérôme Kerviel, le courtier en cause dans l'affaire. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé.

Membres de la famille, ancien professeur de judo ou d'économie, voisins, amis sur Facebook, collègues de la banque: tous sont sollicités afin de décrocher une interview, une réaction ou un simple commentaire de l'homme du moment. Mais le jeune homme se tient à l'écart de la presse, dit son avocate. «Il est complètement écrasé par la médiatisation de cette affaire.»

A tel point que de nombreux membres de la famille Kerviel, sollicités par téléphone, refusent désormais de répondre. «J'ai reçu des appels de la BBC, de médias québécois, américains et français bien sûr. Mais je ne sais rien», raconte ainsi à 20minutes.fr la tante de Jérôme. Qui nie avoir donné, comme l'indique «Le Monde», deux photos au «Figaro».

Une photo tant recherchée

L'image aussi est le nerf de la guerre. Selon «Le Monde», de nombreux journalistes, travaillant notamment pour des tabloïds britanniques, proposent de l'argent en échange de photos dans les rues de Pont-l'Abbé, village du Finistère d'où Jérôme Kerviel est originaire.

Pascal Rostain, célèbre paparazzi, est aussi sur le coup. C'est lui qui, le premier, s'est rendu au domicile du trader à Neuilly-sur-Seine jeudi dernier. Arrivé à 10h du matin, il a vu des photographes du «Financial Times», du «Daily Mail», du «Wall Street Journal», puis finalement du «Parisien», défiler tout au long de la journée. Sans succès.

«La famille fait bloc», explique-t-il. «Des photographes et cameramen sont en planque devant le cabinet de son avocat, au domicile de son oncle en banlieue parisienne, devant chez son frère dans le 8e arrondissement. C'est à qui l'aura le premier», raconte-t-il. «Il a environ 300 journalistes qui le cherchent, il a du souci à se faire.»

Un tel intérêt ne va pas sans faire gonfler les prix du scoop. «Tout dépend à qui tu vends le droit de reproduction de la photo - s'il s'agit d'un média français ou anglo-saxon - d'une couv' ou d'une double page», explique celui qui dirige l'agence de photos Sphinx. «Mais si un particulier vient me vendre une photo de Kerviel — que je revends plus chère à un média — je lui propose au moins 20.000 euros.»