Il faut sauver la Société générale

Sa. C. avec agence

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Après la mise en examen de Jérôme Kerviel, les juges chargés de l'enquête vont s'attacher à décortiquer les mécanismes bancaires ayant conduit à la perte record de la Société Générale, dont la responsabilité est mise en cause par les avocats du trader.
Après la mise en examen de Jérôme Kerviel, les juges chargés de l'enquête vont s'attacher à décortiquer les mécanismes bancaires ayant conduit à la perte record de la Société Générale, dont la responsabilité est mise en cause par les avocats du trader. — Martin Bureau AFP

Fillon tape du poing sur la table. Alors que des rumeurs de rachat ou de démantèlement de la Société générale bruissent, le gouvernement se veut rassurant. «La Société générale, c'est une grande banque française (et) le gouvernement entend qu'elle reste une grande banque française acteur de la mondialisation», a affirmé le Premier ministre mardi à l'Assemblée nationale, en réponse à une question d'Alain Moyne-Bressand (UMP, Isère).

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L'action Société générale décollait mardi après-midi à la Bourse de Paris, soutenue par des rumeurs de rachat de la banque. D'autres experts paraiient sur un possible démantèlement du groupe, ce qui dopait également le titre.

Restaurer la confiance

«L'urgence, c'est de rétablir la confiance», a expliqué le chef du gouvernement, en disant penser «aux 130.000 salariés» et «aux 22 millions de clients, dont près de 10 millions» en France. Il souhaite notamment que la banque «réussisse son augmentation de capital» et «que toute la lumière soit faite sur les dysfonctionnements» qui ont conduit à la crise actuelle. Et de préciser qu'il «rendrait public immédiatement» le rapport demandé à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qu’elle doit lui remettre lundi 4 février.

«Il faut ensuite que la justice fasse son travail, parce que c'est à travers l'enquête conduite par la justice que nous pourrons avoir la lumière la plus totale sur cette affaire», a-t-il estimé. «Et c'est alors qu'il faudra se poser la question des responsabilités et qu'il faudra le cas échéant qu'ensemble, nous adoptions des réformes nécessaires pour donner à notre système bancaire plus de transparence et plus de sécurité», a-t-il déclaré.

Un dépeçage bénéfique?


Le matin, François Fillon avait affirmé que le gouvernement «ne laisserait pas la Société générale être l'objet de raids hostiles», après la crise qui a fragilisé la banque.

«De plus en plus de gens achètent l'action aujourd'hui en se disant que si on vend Société générale par morceaux, elle vaut beaucoup plus que le groupe en un bloc», selon un vendeur d'actions parisien. Et de poursuivre: «Si on dépèce la Société générale, par exemple en vendant la banque de détail à BNP Paribas et la banque de financement et d'investissement au Crédit Agricole, les actionnaires en retireront plus de valeur. C'est ce sujet qui revient le plus souvent aujourd'hui dans les conversations des gérants.»