La Société générale dément tout délit d’initié

Ch. L avec agences

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Ebranlée par une "fraude" sans précédent, la Société Générale s'emploie depuis le début de l'affaire à rassurer, mais cette communication de crise peine selon les professionnels à rétablir sa crédibilité, alors que son PDG apparaît de plus en plus sur la sellette.
Ebranlée par une "fraude" sans précédent, la Société Générale s'emploie depuis le début de l'affaire à rassurer, mais cette communication de crise peine selon les professionnels à rétablir sa crédibilité, alors que son PDG apparaît de plus en plus sur la sellette. — Martin Bureau AFP

Robert Day, l'administrateur de la Société générale qui a vendu pour 40 millions d'euros d'actions de la banque le 18 janvier «n'était pas informé des pertes de trading» de Jérôme Kerviel avant cette session, tout comme «les autres membres du conseil», affirme la Société générale.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a fait savoir mardi que Robert A. Day, membre du conseil d'administration de la Société générale, a vendu sur le marché de la Bourse de Paris, le 18 janvier, jour où les premiers soupçons de «fraude» sont apparus, pour 40,518 millions d'euros d'actions qu'il possédait.

Elle ajoute qu'ils n'étaient pas non plus informés que des dépréciations supplémentaires liées aux emprunts «subprimes», les crédits hypothécaires à risque, seraient annoncées pour un montant de 2 milliards d'euros.
«Ces dépréciations et pertes ont été communiquées au conseil le 20 janvier», précise encore la banque avant d'ajouter que «R. Day est prêt à apporter sa coopération à toute enquête sur ce sujet».

L'Association des actionnaires minoritaires (Adam) a indiqué mardi qu'elle allait demander une enquête pour informations trompeuses et sur d' «éventuelles opérations d'initié». L'Association des petits porteurs actifs (APPAC) avait demandé la veille l'ouverture d'une information judiciaire pour «délit d'initié».


Lagarde était-elle au courant?


La ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde aurait été informée de l'affaire de la Société générale le dimanche 20 janvier au soir, soit trois jours avant que Nicolas Sarkozy ne l'apprenne, a rapporté Europe 1. Le scandale a été rendu public jeudi 24 janvier. Europe 1 dit avoir obtenu son information «de source sûre proche de la Société générale» mais Bercy démentit catégoriquement.