Le PDG de la Société générale sur la sellette ?

Ch. L avec agences

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La pression montait mardi sur le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, mis en cause par plusieurs dirigeants politiques, alors que les plaintes pour délit d'initié se multiplient de la part des petits actionnaires
La pression montait mardi sur le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, mis en cause par plusieurs dirigeants politiques, alors que les plaintes pour délit d'initié se multiplient de la part des petits actionnaires — Martin Bureau AFP

La pression monte sur le PDG de la Société générale Daniel Bouton, alors que les plaintes pour délit d'initié se multiplient de la part des petits actionnaires.


Plusieurs personnalités politiques ont mis en cause le dirigeant. Le président Nicolas Sarkozy a estimé lundi qu'une telle crise ne pouvait «pas rester sans conséquences». «On est dans un système où, quand on a une forte rémunération qui est sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on ne peut pas s'exonérer des responsabilités», a-t-il affirmé.


Pour le président de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, Daniel Bouton ne peut «pas faire autrement que partir». Il a insisté sur la nécessité de «mettre un peu de déontologie, d'éthique» dans le système financier.

Une banque «fragilisée»

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a pour sa part estimé qu'il revenait «aux administrateurs» de décider du maintien ou non de Daniel Bouton à son poste.

La ministre de la Justice Rachida Dati, sans se prononcer formellement, a déclaré mardi que la responsabilité de M. Bouton pouvait «être engagée».


La députée PS Elisabeth Guigou a estimé en revanche qu'il «ne faut rien faire qui fragilise la Société générale, évidemment vulnérable à une possible OPA et qui doit réussir son augmentation de capital», a-t-elle insisté.

Une démission refusée la semaine dernière

Daniel Bouton, 57 ans, à la tête de la banque depuis 1997, a présenté la semaine dernière sa démission au conseil d'administration. Ce dernier l'a refusée, lui donnant pour mandat de «remettre le groupe sur la voie de la croissance rentable».

Aux Etats-Unis, les PDG de Citigroup et Merrill Lynch avaient démissioné cet automne après l'annonce de milliards de pertes liés au «subprime».