Le procès de l’«Ocean Jasper» aura bien lieu en France

JUSTICE L’Elysée l’a confirmé à Yvette Jobard, la veuve du patron du «Sokalique»...

C. F.

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Le commandant du cargo soupçonné d'avoir causé le naufrage d'un caseyeur de Roscoff qui a fait un mort vendredi au large d'Ouessant défend la thèse de l'accident et rejette le délit de fuite, a indiqué dimanche à l'AFP le procureur de la République de Morlaix, Laurent Fichot.
Le commandant du cargo soupçonné d'avoir causé le naufrage d'un caseyeur de Roscoff qui a fait un mort vendredi au large d'Ouessant défend la thèse de l'accident et rejette le délit de fuite, a indiqué dimanche à l'AFP le procureur de la République de Morlaix, Laurent Fichot. — Fred Tanneau AFP

Le procès de l’«Ocean Jasper» aura bien lieu en France. Yvette Jobard, veuve du patron du chalutier «Sokalique» éperonné en août par le cargo de l’armateur turc, l’a confirmé après avoir été informée lundi soir par l’Elysée, selon France Info.

Une information confirmée ce mardi par la ministre de la Justice Rachida Dati, qui a assuré que l'enquête «sera menée en France». Le procès, lui, devrait avoir lieu au tribunal de Morlaix.

Quelques jours plus tôt, Yvette Jobard avait indiqué que l'accord des îles Kiribati permettant la poursuite de l'enquête en France parviendrait prochainement au procureur de Morlaix en charge du dossier.

Lundi, le procureur de la République de Morlaix Laurent Fichot avait estimé que la justice était «paralysée» dans cette affaire, l'Etat des îles Kiribati, petit archipel du Pacifique où était immatriculé le cargo, n'ayant pas confirmé par écrit sa décision de laisser la France tenir le procès.

>> Retrouvez notre dossier sur le «Sokalique»

Fin novembre, Nicolas Sarkozy avait pourtant obtenu l'accord du président des Kiribati, Anote Tong, pour que l'équipage soit jugé en France et non dans le pays d'immatriculation du cargo comme le prévoit la convention des Nations-Unies sur le droit de la mer pour les accidents dans les eaux internationales.

Yvette Jobard, déterminée à voir condamner les responsables de l'abordage qui a coûté la vie à son mari, a refusé mardi une transaction financière de 500.000 dollars (342.515 euros) proposée par l'armateur turc du navire en échange du retrait de sa plainte.

Le cargo, l'«Ocean Jasper», ne s'était pas arrêté pour recueillir les naufragés et n'avait pas prévenu les secours, selon l'enquête judiciaire. Bernard Jobard était mort noyé après la collision tandis que les six autres marins du chalutier avaient pu être sauvés.