Au tribunal, les familles des condamnés crient leur colère

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

— 

A l'énoncé de la peine, Eric Breteau prend le visage d'Emilie Lelouch dans ses mains. A ses côtés, Alain Péligat, l'ancien militaire, a le regard perdu, comme sonné. Les condamnés de l'Arche de Zoé accueillent avec stupéfaction la décision du tribunal de Créteil. Seule Emilie Lelouch a réagi rapidement, quittant le box le poing levé.

Dans le public, la colère explose immédiatement. « Voyous ! Salauds ! », hurlent des proches à l'attention des magistrats. « J'ai honte d'être française », crie Souad Merimi, la soeur de Nadia, l'infirmière de l'Arche, absente hier car trop faible. Beaucoup pleurent, certains assis, d'autres debout, tous hagards et rageurs. Très vite, la colère se retourne contre les médias, accusés d'avoir fait le jeu de la justice tchadienne. « Vendus ! Charognes ! », crient certains aux journalistes présents.

A la sortie de la salle d'audience, l'avocat Gilbert Collard tonne contre « une décision honteuse, lamentable ». Plusieurs cameramen et photographes sont pris à partie par la foule. Le ton monte entre des proches des condamnés et des groupes d'hommes et de femmes noirs soutenant le verdict tchadien. Mais au-delà de la colère, c'est l'incompréhension qui domine. « La finalité de l'Arche de Zoé, c'était quoi ? Sauver des vies, donner une bonne vie aux enfants, pas les enlever ! », lâche un homme.

Très remontée, Jeanine Lelouch, la mère d'Emilie, s'en prend à Nicolas Sarkozy. « C'est un grand méchant loup, il nous reçoit, il ouvre ses bras, il fait des sourires, et au final, il nous trahit ! » Hélène Breteau dénonce, elle, le manque de soutien de Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. « Elle les a massacrés dès le premier jour... tout ça pour vendre des armes en Afrique ! » Dans un coin, Antonia van Winkelberg pleure son mari médecin. « Il est allé là-bas soigner les gens, et il prend huit ans... ». « Sans l'homme de ma vie, comment je vais faire ? », ajoute-t-elle.