Erika: appels en cascade

JUSTICE En réponse à la décision de Total de faire appel du jugement, l'organisation écologique...

C. L. Avec agence

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Total étudiait jeudi sa stratégie après sa condamnation dans le naufrage de l'Erika : faire appel pour refuser que les compagnies pétrolières soient tenues responsables de l'état des bateaux ou jeter l'éponge pour ne pas noircir son image ni risquer des plus gros dommages
Total étudiait jeudi sa stratégie après sa condamnation dans le naufrage de l'Erika : faire appel pour refuser que les compagnies pétrolières soient tenues responsables de l'état des bateaux ou jeter l'éponge pour ne pas noircir son image ni risquer des plus gros dommages — AFP/Marine Nationale/Archives

L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé son intention de faire appel du jugement intervenu dans l'affaire de l'Erika, suite à l'annonce par la compagnie Total qu'elle allait faire elle-même appel.

«Après le responsable mais pas coupable, Total invente le solvable mais pas responsable», souligne Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France, dans un communiqué.

Il fait valoir que «Total fait appel pour tenter d'échapper à la responsabilité pénale, ce qui revient à vouloir protéger l'activité des affréteurs» et refuser de «laisser progresser la sécurité maritime».

Un appel jugé «scandaleux»

Le jugement «était une première dans un milieu volontairement opaque et qui organise son irresponsabilité juridique grâce à des sociétés écrans, des pavillons de complaisance», note-t-il encore, jugeant «scandaleux» l'appel interjeté par Total.

La décision de Greenpeace d'interjeter à son tour appel «est la réponse du berger à la bergère», ajoute Yannick Jadot. Il précise que «Greenpeace profitera de cet appel pour faire reconnaître son préjudice à sa juste valeur». Greenpeace France doit recevoir 30.000 euros d'indemnisation au titre du préjudice écologique subi.

Batz-sur-Mer aussi fait appel

L'organisation écologique n'est pas la première à faire appel sur le banc des parties civiles. Samedi, c'est la commune de Batz-sur-Mer qui avait annoncé sa décision de faire appel du jugement. «La maire de Batz-sur-mer, Danielle Rival, veut obtenir en appel une augmentation de la réparation pour bénéficier du préjudice écologique», a déclaré à l'AFP son avocate, Corinne Lepage.

Les 14 communes qu'elle représente dans cette affaire ont obtenu des indemnités allant de 500.000 à 1,5 million d'euros, mais seulement «pour l'image de marque». Et si le tribunal a «affirmé le principe du préjudice écologique», il n'a «pas accordé un centime aux communes» pour cette raison, a regretté l'ancienne ministre de l'Environnement.

Batz-sur-Mer est, selon elle, la première commune à faire appel de la décision de justice. «La maire en fait une question de principe», a souligné l'avocate. Les autres communes pourraient suivre.

Elles s'ajouteraient alors à la liste des parties civiles qui font appel, comme la Confédération maritime et l'ex-navigateur Jo Le Guen.