«Ça devient des chiffres sur un écran» : Nick Leeson , l’homme qui a fait tomber la Barings, revient sur l’affaire «Soc Gen»

ECONOMIE Nick Leeson, le trader britannique qui a causé la chute de la Barings dans les années 90, a raconté l’engrenage de la fraude financière…

Ch. L avec agences

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Barings: en février 1995, la plus ancienne banque d'affaires britannique, Barings est mise sous administration judiciaire à la suite de la cavale d'un de ses courtiers, Nick Leeson.
Barings: en février 1995, la plus ancienne banque d'affaires britannique, Barings est mise sous administration judiciaire à la suite de la cavale d'un de ses courtiers, Nick Leeson. — Jimin Lai AFP/Archives

Jusqu’à ce que l’affaire de la Société Générale soit mise à jour, le britannique Nick Leeson était le plus célèbre fraudeur financier de la planète. Jérôme Kerviel, accusé par la Société Générale d’être responsable d’une fraude de 4,9 milliards d’euros, vient de le doubler dans le palmarès des plus grands coups mondiaux.

Nick Leeson, qui a passé trois ans et demi en prison pour avoir causé la chute de la Barings en engageant près de 27 milliards de dollars sur les produits dérivés asiatiques, est intervenu à la télévision publique irlandaise RTE.

"Un étrange soulagement»

«Je suis sûr qu'il a très peur», a-t-il assuré au sujet de Jérôme Kerviel. «J'imagine aussi qu'hier matin (quand le scandale a été révélé), il a dû ressentir un étrange soulagement parce qu'il n'avait pas été capable d'arrêter tout ça tout seul», a-t-il expliqué.
«D'une certaine façon, vous vous distancez des sommes. Ça devient des chiffres sur un écran. Ça ne semble pas réel comme de l'argent qu'on se mettrait dans la poche,» a-t-il poursuivi.
Selon Nick Leeson, ce genre de scandale est monnaie courante. «Je pense même que cela arrive tous les jours. Ils se font attraper rapidement et ils sont virés. Les banques n'en font pas la pub et tout le monde se remet au travail», assène-t-il, tout en reconnaissant que l'ampleur de la fraude à la Société Générale «dépasse l'entendement».

Jérôme Kerviel, un génie? 
Tel ne semble pas être l’avis de Dominique Chabert, enseignant de l'Université de Lyon 2, où celui-ci a fait ses études. «Jérôme Kerviel était comme la plupart des autres étudiants. Il était bosseur et sans problème. Si c'est un génie, on ne l'avait pas repéré,» a-t-il conclu.