Le service minimum vu d'une école de Montrouge

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

— 

Dès qu'un bambin franchit la porte de l'école, Eric, animateur en centre de loisirs, l'attrape par le cartable. « Tu me donnes ton prénom ? » Hier, cette école primaire de Montrouge (Hauts-de-Seine) a testé pour la première fois le service minimum. Pour pallier l'absence de huit des quatorze enseignants et du directeur de l'école, lui aussi en grève, quatre jeunes animateurs ont été réquisitionnés par la mairie. Mission : occuper les 80 enfants orphelins de leur instit, jusqu'à 16 h 30. « D'habitude, c'est nous, les profs non grévistes, qui récupérons dans nos classes les élèves des collègues absents », précise l'enseignante de CP.

Finalement, c'est donc surtout à elle et ses pairs que la commune rend service. Car pour les parents, le dispositif ne change, ici, pas grand-chose. « De toute façon, j'aurais déposé mon fils à l'école ! », ironise un papa, dont l'enfant est sans maîtresse. Et si l'un des copains de son fils se plante une fléchette dans l'oeil lors de l'activité de ce matin, alors que le directeur est absent ? « Le maire est le seul responsable, il nous l'a bien précisé », assure Eric. Pour les autres enfants, pas de risque. « Y a classe », bougonne un petit garçon au cartable plus large que ses épaules sous les yeux de sa maîtresse.