Quand Bayrou et Sarkozy se rencontrent, c'est pas beau à voir

POLITIQUE Le dirigeant du MoDem revient pour 20minutes.fr sur la présence du chef de l'Etat sur ses terres béarnaises...

Alexandre Sulzer

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L'UMP a décidé de ménager l'UDF en ne désignant, "pour le moment", aucun candidat aux législatives de 2007 contre la trentaine de députés du parti de François Bayrou, avec qui Nicolas Sarkozy pourrait être amené à négocier entre les deux tours de la présidentielle.
L'UMP a décidé de ménager l'UDF en ne désignant, "pour le moment", aucun candidat aux législatives de 2007 contre la trentaine de députés du parti de François Bayrou, avec qui Nicolas Sarkozy pourrait être amené à négocier entre les deux tours de la présidentielle. — Robert François AFP/Archives

Nicolas Sarkozy n'est pas à une contradiction près. Après avoir affirmé il y a quelques jours que «le concept même d'élection dépolitisée est absurde», il a affirmé mardi qu'il ne souhaitait pas «se mêler de la campagne municipale». Un propos d'autant plus paradoxal qu'il l'a tenu à Pau (Pyrénées-Atlantiques), où il est venu soutenir Yves Urieta, maire ex-PS et parrainé par Gauche moderne de Jean-Marie Bockel.
 
Un candidat que souhaite défier François Bayrou, qui, pas rancunier, est venu accueillir le chef de l'Etat sur le tarmac de l'aéroport. Les deux ex-candidats à l'élection présidentielle se sont salués et le chef de l'Etat a dit à François Bayrou: «Naturellement, tu viens avec nous» pour le reste de la visite. Le député des Pyrénées-Atlantiques a décliné, car «les parlementaires n'ont pas été invités». «Je suis venu à l'aéroport car je suis très attaché au respect des principes républicains», a-t-il précisé.
 
«Les principes républicains c'est bien, mais il y a aussi l'amitié», a observé le chef de l'Etat. «J'ai pu vérifier que l'amitié prenait des formes diverses», a répondu le troisième homme, non sans ironie. Une pique que Nicolas Sarkozy a jugé raisonnable d'ignorer.
 
Sarkozy soutient Juppé qui soutient Bayrou que ne soutient pas Sarkozy
 
Mais son choix en faveur d'Yves Urieta ne fait pas l'unanimité au sein de l'UMP. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, à qui le chef de l'Etat avait rendu visite un peu plus tôt dans la journée, soutient ainsi publiquement le dirigeant du MoDem. «En Aquitaine, les gens font la distinction entre les choix politiciens et l'intérêt d'une ville», explique  François Bayrou, contacté par 20minutes.fr. S'il dit ne pas vouloir «découper l'électorat en étiquette», il espère bien récupérer les voix UMP qui «contestent» le champion présidentiel.
 
Selon lui, la divergence de points de vue entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé prouve qu'il «y a de l'eau dans le gaz» à l'UMP sur la question. Si le chef de l'Etat ne le soutient pas, c'est uniquement une «conséquence de mon refus de ne pas rejoindre la majorité présidentielle», s'énerve François Bayrou.
 
Qui a décidé depuis septembre d'apporter toutefois son soutien à l'UMP Alain Juppé. «C'est un bon maire, Bordeaux a beaucoup changé sous sa mandature», défend François Bayrou. Qui n'est pas non plus à une contradiction près.