Vent de panique sur la presse française

Avec agence

— 

La crise boursière s'est amplifiée lundi sur toutes les places mondiales dans la crainte de nouvelles pertes gigantesques pour le secteur financier et sous l'effet de la déception suscitée par le plan de relance annoncé par George W. Bush
La crise boursière s'est amplifiée lundi sur toutes les places mondiales dans la crainte de nouvelles pertes gigantesques pour le secteur financier et sous l'effet de la déception suscitée par le plan de relance annoncé par George W. Bush — Yoshikazu Tsuno AFP

Les places boursières ont connu lundi leur plus forte baisse depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le monde de la finance tremble. Et ce mardi matin, la presse française se fait l'écho de ces secousses.

La Une de Libération titre en gros caractères gras : «KRACH». Une couverture alarmiste à la mesure de l’éditorial de Laurent Joffrin. Ce dernier dénonce «les dogmes libéraux» - qui sous prétexte de faire croire que le marché doit se réguler de lui-même – mènent inéluctablement à l’implosion du système. Et l’éditorialiste de conclure en accusant le politique d’avoir tout simplement abdiqué face à l’économique.

Jean-Marc Vittori, dans «Les Echos»,
se veut plus pédagogue mais tout aussi alarmiste. Il considère que cette crise était prévisible et qu’elle pourrait être «la plus grande depuis les années 1930». Pour l’éditorialiste économiste «toutes les digues» que l’on croyait solides et protectrices «sont en train de céder» les unes après les autres.

Dans «Le Figaro», Gaëtan de Capèle estime que «les raisons de cet accès de panique boursière proviennent (...) pour l'essentiel de la crise financière elle-même». «L'éclatement de la bulle immobilière américaine, que l'on pouvait espérer circonscrit à quelques établissements imprudents, a en réalité créé une onde de choc planétaire», explique-t-il.


«La logique financière a quelque chose d’absurde»


François-Xavier Pietri dans «La Tribune»
affirme que «tant que les banques, qui ont la lourde responsabilité de financer l'économie, n'auront pas mis toutes leurs cartes sur la table, y compris les plus vérolées, la suspicion restera maîtresse du jeu». D'autant que, pour l'éditorialiste économique, «les crises bancaires sont les plus graves, en ce qu'elles affectent le centre névralgique des économies, en l'occurrence le financement de l'activité et des entreprises».

Pour Maurice Ulrich dans «L'Humanité», «la machine financière (...) est mue par une logique qui a quelque chose d'absurde. Comme un hamster dans sa roue, elle doit tourner toujours plus vite, aller chercher partout le moindre dollar ou le moindre euro disponible.»

Selon Jean Levallois, dans «La Presse de la Manche», «ce n'est plus une baisse, ce n'est plus une glissade ou un plongeon, c'est un trou d'air». Cependant, l'éditorialiste admet qu' «actuellement, il y a un déséquilibre. Le cours des actions chute. Or, les entreprises cotées en Bourse se portent très bien pour la plupart. Elles sont saines».

Gilles Dauxerre, dans «La Provence» reconnaît que «cette crise va purger le marché qui va se débarrasser, pour un temps, des actions les plus pourries» et «concerne essentiellement les placements financiers, et non pas l'économie “réelle”».

Pour donner votre avis, cliquez ici.