Les tops maigres resteront sur les podiums

Laure de Charette

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La France aurait pu interdire aux mannequins trop maigres de défiler, comme l'Espagne et l'Italie, un an après la mort d'une top brésilienne anorexique. Mais elle ne va pas le faire: les professionnels de l'image du corps - couturiers, publicitaires, médias - ont préféré établir une «charte de bonne conduite» où ils «s'engagent à ne plus promouvoir de modèles d'extrême maigreur». 20 Minutes s'est procuré ce texte, fruit d'un an de réflexion, avant qu'il soit dévoilé en février par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Concrètement? Peu de mesures chocs et aucune sanction. «On pose des principes moraux», insiste Marcel Rufo, pédopsychiatre et coprésident du groupe de travail. Les annonceurs promettent de mettre en scène la «diversité» des corps. De là à mettre à l'honneur des femmes dodues, non. «On va surtout veiller à ce qu'aucune femme au poids limite ne soit mise en avant», tranche le Bureau de vérification de la publicité. Les magazines acceptent de publier un bandeau «sanitaire» à côté des régimes proposés. L'idée séduit Tina Kieffer, directrice de la rédaction de Marie-Claire: «Si on devait retoucher une photo pour amincir une fille, pourquoi ne pas prévenir les lectrices!» Retoucher, et le dire: l'idée - forte cette fois - pourrait figurer dans la charte définitive. Le Sénat conseillait en 2006 d'exclure des podiums les filles trop maigres. «Inimaginable!» pour les pros de la mode, qui jurent que les 3.000 mannequins français sont en bonne santé. Il ne faut pas tuer le rêve.

Voici les trois engagements pris par les signataires de la charte, développés sur trois pages:
1. Sensibiliser le public.
2. Protéger la santé des professionnels de l’image du corps.
3. Mieux informer le public.