Une décision jugée « révolutionnaire »

Avec AFP - ©2008 20 minutes

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Le gouvernement, les collectivités territoriales et les associations ont unanimement salué le jugement.

Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat chargé de l'Ecologie « Alors que la justice vient de reconnaître la notion de préjudice écologique, résultant de l'atteinte portée à l'environnement, cette décision marque une étape très importante. »

Nathalie Kociusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie « Le fait que le préjudice écologique en tant que tel soit pris en compte est révolutionnaire. Traditionnellement, seul le préjudice économique était reconnu. C'est une grande première qui était très attendue et légitimement par les associations. »

Ségolène Royal (PS) « Ce jugement est exceptionnel car il va permettre d'autres actions pour d'autres types de pollution », puisqu'il « reconnaît le préjudice écologique. Il faut que cette condamnation soit exemplaire, pour que les bateaux-poubelles ne circulent plus sur nos mers. »

Corinne Lepage (avocate et ancienne ministre) « C'est un signal donné à toute une profession : on ne prend pas des bateaux-poubelles impunément », sous peine d'une « facture lourde et dissuasive ». La reconnaissance du « préjudice écologique » signifie aussi qu'en droit français, à l'avenir, « si quelque chose du même ordre se repose, il faudra payer ».

Christophe Priou, maire du Croisic (Loire-Atlantique) Ce « jugement est moralement satisfaisant » même si, « comptablement, il l'est moins ». La commune réclamait « 184 000 euros d'indemnités matérielles et 126 000 euros pour l'image de marque, le compte n'y sera pas ». « La côte sauvage avait été défigurée, j'ai vu des gens pleurer. Les gens aujourd'hui veulent tourner la page de l'Erika, le procès va les aider à faire leur deuil. »