Un café, une clope et pas de note

TABAC Certains patrons de bars redoutent que des clients profitent d'une pause cigarette dehors pour filer sans payer...

Laure de Charette

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AFPTV

C'est une des conséquences inattendues de l'interdiction de fumer, entrée en vigueur le 1er janvier. Certains patrons de bars et de restaurants craignent une recrudescence du « resto-baskets ». En clair, ils redoutent que des clients profitent d'une pause cigarette entre deux plats ou avant le café pour filer sans payer.

« Quand je vois une table entière se lever pour sortir fumer, je surveille attentivement, témoigne un serveur de la Casa del Campo, un bar à tapas parisien. Je m'assure qu'ils ont bien laissé leurs affaires - portables, sacs à main - à table. » Selon lui, le directeur pourrait à terme exiger que les clients règlent l'addition, même partielle, avant de gagner le trottoir.

En fait, la moitié de la dizaine d'établissements contactés hier se disent inquiets, alors même qu'aucun n'a connu d'addition non payée pour cause de clope ces quinze derniers jours. Il n'empêche, la vigilance est de mise. A l'Opus Café, à Paris, le responsable dit avoir « donné aux portiers des consignes pour surveiller que les fumeurs retournent bien à l'intérieur une fois leur cigarette terminée ». Le patron de la brasserie la Calèche précise qu'il « surveille du coin de l'oeil les clients de passage, pas les habitués ». A l'inverse, certains clients insistent pour payer l'addition avant de sortir fumer, selon un patron à Marseille. C'est le cas de Laurent, 27 ans : « Je me sens obligé de régler ce que j'ai déjà bu pour aller fumer sans inquiéter le tenancier. » Problème : « Une fois rhabillés et la note réglée, on n'a souvent plus très envie de rentrer dans le bar. » Et c'est ainsi que le petit commerce peut trinquer aussi à cause de clients honnêtes.

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