Les Franciliens vivent de plus en plus seuls

Sophie Caillat - ©2008 20 minutes

— 

La famille n'a pas le même profil en Ile-de-France que dans le reste de l'Hexagone. « Dans la région capitale, c'est un peu plus compliqué d'interrompre sa carrière pour faire des enfants, donc on les fait plus tard, mais on en fait plus qu'ailleurs », constate Laurence Jaluzot, chef de la division démographie et politiques sociales de l'Insee Ile-de-France. Selon les derniers chiffres disponibles au niveau régional, qui datent de 2005, les Franciliennes avaient en moyenne 1,98 enfant (1,88 en France) et elles avaient 29,8 ans à la naissance de leur premier enfant (1,4 an de plus que les autres Françaises).

On se marie aussi plus qu'ailleurs : le taux de nuptialité pour 1 000 habitants est de 5,2, contre 4,3 en province. Mais on divorce également plus fréquemment. Chiffre impressionnant : le nombre de divorces a augmenté de 17 % entre 2004 et 2005, contre 15,5 % en province.

Surtout, la taille des ménages en Ile-de-France, 2,3 personnes en moyenne, n'a cessé de baisser depuis les années 1960, pour « atteindre sans doute un palier », selon la démographe. Cette baisse s'explique principalement par le vieillissement de la population et l'importance du nombre de veuves. Parmi les personnes seules à la maison, on compte aussi beaucoup de trentenaires, puisque ces derniers vivent en solo à 17 %, contre 12 % en province. Autre tendance lourde, le nombre de familles monoparentales, qui a crû de 11,5 % en six ans. Quelque 620 000 enfants sont concernés dans la région, ce qui a des implications multiples, sur l'immobilier, les modes de garde et le travail des femmes, car elles sont à 85 % les chefs de ces familles-là.