Le PS rejoue ses vieilles divisions sur l'Europe

David Carzon - ©2008 20 minutes

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Ça ne marche pas à tous les coups. Alors que les députés ont commencé à discuter hier de la modification de la Constitution ouvrant la voie à la ratification du traité européen de Lisbonne, les socialistes se sont une nouvelle fois déchirés sur l'attitude à adopter. En résumé, il y a ceux qui sont pour le traité et pour sa ratification par le Parlement, il y a ceux qui sont pour le traité, mais pour un référendum, et il y a ceux qui sont contre tout.

Si le bureau national du PS a tranché en faveur du traité, il ne s'est pas exprimé sur la manière de le faire adopter. Et quand on ne borde pas ce genre de choses, au PS, ça part dans tous les sens.

Jean-Marc Ayrault a tenté hier de rassembler les troupes en trouvant un consensus. « Nous irons à Versailles et on s'abstiendra », a déclaré le président du groupe socialiste à l'Assemblée, avant de préciser que « 68 députés socialistes présents se sont prononcés pour l'abstention, 30 pour le non et 8 se sont abstenus ». Pour lui, c'est la seule solution, car juridiquement, si le texte est rejeté, il ne pourra être soumis au référendum. Car l'objectif est de forcer le gouvernement à enclencher la procédure référendaire. Une motion sera donc déposée en ce sens le 6 février.

Ce qui ne satisfait par Jean-Luc Mélenchon, qui accuse le Parti socialiste de servir la soupe au Président. « Il ne faut pas partir perdant. Mathématiquement, Nicolas Sarkozy n'est pas certain d'avoir la majorité des 3/5 au Congrès. » Et d'annoncer des « rebondissements ». Mais là, on sent que ça relève de la méthode Coué...