Le 93 satisfait mais prudent au sujet de la police de quartier d’Alliot-Marie

SEINE-SAINT-DENIS Après l’annonce par le ministre de l’Intérieur...

C. F. avec agence

— 

Les émeutes qui ont secoué l'an dernier les banlieues françaises ont révélé au reste du monde un pays incapable de réduire ses fractures, mais, de Bruxelles à Washington, elles ont souvent été interprétées à la lumière des problèmes d'intégration propres à chaque pays.
Les émeutes qui ont secoué l'an dernier les banlieues françaises ont révélé au reste du monde un pays incapable de réduire ses fractures, mais, de Bruxelles à Washington, elles ont souvent été interprétées à la lumière des problèmes d'intégration propres à chaque pays. — Thomas Coex AFP/Archives

Les élus UMP du département sont satisfaits: le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, se «réjouit» de ce nouveau dispositif et les trois députés Patrice Calméjane, Gérard Gaudron et Eric Raoult, ils se déclarent satisfaits.

Pour le Parti socialiste, l’annonce ce lundi de la création d’«unités territoriales de quartier» (UTQ) en Seine-Saint-Denis, est un vestige de la «police de proximité» jospinienne: c’est «six ans de perdu».

«Tout y est» mais...

«Sur les dix propositions remises à Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, après les émeutes urbaines (en novembre 2005, ndlr), tout y est», déclare à «20 Minutes» Hervé Bramy, le président (PCF) du Conseil général du département. L’élu pointe toutefois le manque de moyens du plan Alliot-Marie. «Trente policiers (affectés aux UTQ, ndlr), ce n’est pas suffisant.»

«Cela va dans le sens de ce qu’on a demandé, mais les mesures sont insuffisantes», renchérit Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois. «La méfiance de la population vise davantage les institutions que la police», souligne-t-il, espérant que le plan banlieue viendra compléter ce dispositif.

«La confiance n’existe plus»

Gilles Poux, maire PCF de la Courneuve, estime quant à lui que «la population ne pourra qu’être satisfaite de ces annonces. A condition qu’elles deviennent réalité, notamment les subventions prévues pour les associations.»

"Une bonne chose, avec des nuances"
Mohamed Mechmache, président du collectif AC le feu, souligne pour sa part que cette expérience-pilote est «une bonne chose», à condition qu'elle ne soit pas faite «à n'importe quel prix». «Cela ne sera pas simple pour ces policiers car la confiance n'existe plus entre la police et la population», explique-t-il, ajoutant que la réussite de l'expérience dépendra «du comportement de l'ensemble des policiers».