«Seule une réelle fidélisation permettra aux policiers de connaître le terrain»

SEINE-SAINT-DENIS Les syndicats de police réagissent à l’annonce de la création d’unités de territoriales de quartier...

C. F. avec agence

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A Bobigny, les manifestants ont dénoncé les "violences" exercées contre les policiers dans les banlieues aux cris de "les voyous en prison !", sous la banderole "policiers en colère".
A Bobigny, les manifestants ont dénoncé les "violences" exercées contre les policiers dans les banlieues aux cris de "les voyous en prison !", sous la banderole "policiers en colère". — Franck Fife AFP

A l’instar des élus de la Seine-Saint-Denis, les syndicats de policiers accueillent avec une satisfaction mêlée d’incertitude l’expérience pilote menée par le ministère de l’Intérieur dans trois zones sensibles de ce département. Michèle Alliot-Marie a notamment annoncé ce lundi le retour sur le terrain de 100 postes administratifs d’ici deux ans, en vue de créer des «unités territoriales de quartier» mais aussi des patrouilles équestres et une compagnie de sécurisation, sorte de CRS aguerris aux violences urbaines.

Problème des crèches

En échange, le ministre a promis des «promotions plus rapides» ou encore des mesures pour «faciliter la vie quotidienne (logement, garde d'enfants, emploi pour le conjoint...)». Le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire) s'est félicité de cette «volonté affichée de tendre à fidéliser, mieux encadrer et mieux former les fonctionnaires de police affectés en zones difficiles».

Le syndicat «s’interroge» toutefois «sur la mise en place d'“unités territoriales de quartier” censées renouer la proximité avec la population et notamment en termes d’effectifs». «Seule une réelle fidélisation (primes attractives, logements décents, loisirs) permettra aux effectifs engagés de connaître le terrain et de se rapprocher de cette population», estime-t-il.

L’Unsa 93 a pour sa part souligné à «20 Minutes» le problème des crèches. «C’est bien beau de remettre des fonctionnaires sur le terrain mais dans le département, une seule crèche, près de l’aéroport, propose des horaires adaptés», note le syndicat. Au niveau national, l'Unsa Police s'inquiète de «la légèreté du dispositif» (30 policiers par unités). Tout en se félicitant de la «détermination» affichée par la ministre de l'Intérieur, «pour régler les problèmes des policiers sur le terrain», le premier syndicat des gardiens de la paix se demande si le ministère aura «les moyens de ses ambitions». Il préconise en outre «la mise en place de ce dispositif sur l'ensemble des sites répertoriés comme étant sensibles».

Eradiquer les «noyaux durs de délinquants»

Alliance prend également «acte» de l'annonce de la création de cette police pilote, mais «elle ne pourra être instaurée que si les noyaux durs de délinquants auront été préalablement éradiqués», déclare-t-il.

«Cette police ne doit pas être la police de proximité qui a été un échec faute de moyens et d'effectifs», insiste le syndicat en souhaitant la prise en compte de «l'investigation» et du «renseignement».