Contrairement à tous les zincs des cafés et autres brasseries de France, les planches en bois rouge de ce café branché de Lyon, dont s'échappent encore d'épaisses volutes de fumée, ont conservé leurs cendriers.
Contrairement à tous les zincs des cafés et autres brasseries de France, les planches en bois rouge de ce café branché de Lyon, dont s'échappent encore d'épaisses volutes de fumée, ont conservé leurs cendriers. — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Coupe de France

Les irréductibles de la clope au comptoir

TABAC – La résistance face au décret antitabac prend de plus en plus d’ampleur....

L'effet le plus évident de la mise en application du décret antitabac, c’est évidemment la cohorte de fumeurs grelottants qui déambulent devant les bars et les restaurants. Mais si la plupart des consommateurs s'accommodent bon an mal an de cette interdiction, tout le monde ne l’entend pas de la même oreille. Et comme tout le monde trouve un écho — qui un journal, qui sur un site, qui sur un blog — les grelottants font boule de neige. Y-a-t-il une fronde typiquement française? Ou sont-ce les derniers feux d'une queue de comète? Retour sur ces combats.

Tournée de PV

A Lyon, c'est une très médiatique première contravention qui a lancé le début des hostilités. Christophe Cédat, un patron de bar qui autorisait ses clients à s’en griller une au comptoir, a ainsi dû s’acquitter de 203 euros, sa propre contravention et celle du fumeur, à sa propre initiative. Tournée de PV en somme. Et le combat continue puisqu’il continue à autoriser la cigarette à partir de 18h30, heure à laquelle la seule employée non-fumeuse quitte les lieux.


Le propriétaire de «La Goélette» à Trouville est tout aussi décidé. Jusqu'au-boutiste même. Contacté par 20minutes.fr, Bernard Falaise affirme qu’il «refuse d’être enterré vivant et [qu’il] ira jusqu’à la fermeture s’il le faut». Ce dernier organise la résistance en entrant en contact avec les autres patrons de bar récalcitrants et se félicite d’être contacté par les médias. Concrètement, il est très vigilant et met à contribution les clients de son bar en montant des tours de garde et de guets: «Je joue à cache avec la porte automatique, c’est pratique.»

«La mort du commerce de proximité»

Les propriétaires de bars à chicha qui espéraient s'en sortir avec une pirouette sémantique ont vite déchanté.
Mohamed Bennis, propriétaire d'un salon de thé à chichas d'Orléans, a beau argué que «la loi ne parle que de la cigarette», il a été rappelé à l'ordre jeudi après avoir refusé de se plier à la loi anti-tabac. «L'Union professionnelle des narguilés a demandé à la ministre de la Santé (Roselyne Bachelot) une compensation financière. Nous attendons une réponse en fin de semaine prochaine», a ajouté le propriétaire de l'établissement.

Dernier manifestant de résistance repéré, le patron d'un bar-tabac situé à Dresny (Loire-Atlantique). Verbalisé samedi par la gendarmerie parce qu'il refusait d'appliquer l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il a fermé son bar et entamé lundi une grève de la faim. Affirmant que «l'interdiction de fumer signe la mort du commerce de proximité», Joël Lailler s’est enfermé dans sa 2CV, à l’arrière de son commerce.

Celui qui a su tirer l’épingle du jeu est sans doute le propriétaire du lounge-bar «Le Must», à Cannes. En créant une association loi 1901 au premier étage de l’établissement, il peut contourner la loi et permettre ainsi aux fumeurs de fumer, moyennant une adhésion annuelle de 2 euros.

Le mouvement se développe aussi façon 2.0 sur les multiples blogs nés après le 1er janvier. Appels aux happenings, pétition en ligne, forums; le but est clairement de faire reculer le gouvernement, où à défaut, d’obtenir un assouplissement.

Et vous? Comment voyez-vous ces mouvements? En connaissez-vous d'autres?

Un drôle d'arrière-goût, nauséabond
Un site allemand a commercialisé des tee-shirts ornés de l’étoile jaune barrée du mot fumeur. La colère du Conseil national des juifs en Allemagne a entraîné l’arrêt de la vente.