Incendie de l'Assemblée de Corse : l'Etat met des moyens «très importants»

POLITIQUE François Fillon promet que les responsables iront devant la justice…

Avec agence

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Des manifestants nationalistes ont occupé samedi pendant plusieurs heures l'Assemblée territoriale de la Corse où un incendie, rapidement circonscrit, s'est déclaré dans les bureaux de la présidence.
Des manifestants nationalistes ont occupé samedi pendant plusieurs heures l'Assemblée territoriale de la Corse où un incendie, rapidement circonscrit, s'est déclaré dans les bureaux de la présidence. — Stephan Agostini AFP

L'Etat hausse la voix. Le ministère de l'Intérieur a annoncé lundi que de «très importants moyens» avaient été mobilisés pour mener à bien l'enquête ouverte par le parquet d'Ajaccio après l'incendie volontaire de l'Assemblée de Corse. «Une quarantaine d'enquêteurs est actuellement à l'oeuvre, parmi lesquels les hommes du Service régional d'identité judiciaire, mais aussi les techniciens du Service central de l'identité judiciaire d'Ecully et de la section explosif et incendie du laboratoire de Marseille, spécialement dépêchés sur place». Selon le ministère de l'Intérieur, «des traces et indices susceptibles de permettre l'identification formelle des auteurs de ces exactions ont d'ores et déjà été relevés et sont actuellement en cours d'exploitation».

François Fillon a de son côté qualifié d'acte «insupportable» l'incendie et promis que «ceux qui ont commis ces actes insupportables, incompréhensibles dans une démocratie comme la nôtre vont se trouver face à la justice».

Réunis en commission permanente, sous la houlette de leur président UMP Camille de Rocca-Serra, les élus de l'Assemblée de Corse ont, quant à eux, parlé d' «atteinte grave à la démocratie» dans une déclaration adoptée à l'unanimité des groupes à l'exception des nationalistes d'Unione Naziunale, coalition entre indépendantistes et autonomistes modérés qui compte huit élus sur 51.

Toutefois, dans un communiqué séparé, les autonomistes modérés du Partitu di a nazione corsa (PNC) et de Chjama naziunale, opposés à la violence, ont qualifié l'incendie d' «acte stupide et incompréhensible, en contradiction totale avec l'esprit de la manifestation et les revendications qui l'ont portée».

Corsica nazione indipendente (CNI), troisième composante du groupe nationaliste à l'assemblée qui compte trois des huit élus, s'est refusée pour sa part à condamner l'incendie. Le groupe dit «déplorer un incendie d'origine indéterminée», avant de souligner que «l'occupation symbolique et pacifique de l'assemblée par plus de 500 manifestants s'est déroulée dans le calme».