L'Etat suspend la culture d'OGM, pas la recherche

Avec AFP - ©2008 20 minutes

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Un choix qui laisse du grain à moudre. La décision de suspendre la culture du maïs transgénique MON 810 en France, prise vendredi par le gouvernement en accord avec les conclusions de la Haute Autorité sur les OGM, a laissé une porte entrouverte pour le développement de ces organismes. En effet, si le maïs de la firme américaine Monsanto ne pourra être semé dans l'Hexagone en 2008, le gouvernement a annoncé dans le même temps une accélération des recherches dans les biotechnologies végétales, avec un plan d'investissement de 45 millions d'euros. « Puisqu'il y a des interrogations, on se donne les moyens de faire de la recherche indépendante sur les biotechnologies », a défendu la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Un double discours qui surprend les anti-OGM. José Bové, qui a stoppé sa grève de la faim à l'annonce de l'interdiction, juge « équivoque » la décision de poursuivre les recherches. En attendant, le choix de suspendre, s'il contente Greenpeace et la Confédération paysanne, ulcère les autres acteurs agricoles. Pour la FNSEA, l'interdiction est « affligeante » et « guidée par des raisons de politique politicienne » à quelques semaines des municipales. Quelque 22 000 hectares de MON 810 sont cultivés en France par 2 000 agriculteurs, surtout dans le Sud-Ouest, soit 0,75 % du maïs cultivé sur le territoire. Plusieurs de ces céréaliers envisagent des actes de « désobéissance civile » en continuant à cultiver de l'OGM importé d'Espagne.

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Notre dossier sur l'interdiction du MON 810