«Je veux donner un avenir à la fonction publique»

VOEUX Vendredi matin à Lille, Nicolas Sarkozy a détaillé aux «corps constitués» ses projets de réforme...

Vincent Vantighem (à Lille)

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Un « chantier immense pour 2008 ». Voilà comment Nicolas Sarkozy a présenté ce vendredi matin à Lille la réforme de la fonction publique à laquelle il veut s’atteler. Décentralisée à Lille, la cérémonie des vœux aux «corps constitués» lui a permis de détailler ce projet de réforme.

Après avoir rendu hommage au général de Gaulle dans la ville qui l’a vu naître, le chef de l’Etat a reconnu que les fonctionnaires n’étaient pas assez payés. «La France est le pays où le malaise de la fonction publique est le plus grand». Ni une ni deux, le président a ainsi annoncé que leurs salaires augmenteraient «au minimum au même rythme que l’inflation», baptisant cette mesure de «garantie de pouvoir d’achat».

Moins d’effectifs mais mieux payés

La carotte dans une main, le bâton dans l’autre, Nicolas Sarkozy a enchaîné sur la question des effectifs. «Cela ne doit pas être une question taboue», a-t-il lancé dans la salle d’honneur de préfecture de Région Nord-Pas-de-Calais. «J’assume pleinement l’objectif que les fonctionnaires soient moins nombreux et mieux payés.»

Attitude de l'Etat honteuse et inacceptable
Pour cela, il compte notamment sur les heures supplémentaires. Se tournant vers François Fillon et la brochette de ministres qui l’accompagnaient, le chef de l’Etat les a exhortés à trouver des solutions. «Je trouve honteuse et inacceptable l’attitude de l’Etat qui ne veut pas payer les heures supplémentaires. Dans la fonction publique hospitalière, l’Etat s’est considéré de façon déloyale.» Au premier rang, Martine Aubry, maire de Lille et présidente du conseil d’administration du CHR de Lille, a dû apprécier. Cela fait plusieurs mois qu’elle réclame des comptes au gouvernement à ce sujet.

Les jeunes et les femmes
Après le salaire, après les effectifs, quoi de mieux que la question des concours pour boucler un discours d’une quarantaine de minutes. Conspuant la «lourdeur» de la hiérarchie qui prévaut chez les fonctionnaires, Nicolas Sarkozy a souhaité que l’on mette en place des règles de nomination réellement transparentes. Soit «un appel public à candidature, au moins un mois à l’avance et avec l’obligation de présenter autant de candidatures féminines qui masculines.»  

Car d’après lui, c’est la politique de promotion à l’ancienneté qui a généré un appauvrissement du vivier de fonctionnaires. «Combien sont-ils dans la génération de trentenaires et de quadragénaires à penser que l’Etat n’a plus rien à leur offrir ?» «On a laissé partir les plus jeunes, les plus doués, les plus motivés».

Dans le même ordre d’idée, il a lancé l’idée que l’on ouvre pour chaque fonctionnaire un «capital» lui permettant de se reconvertir, au moment voulu, dans une carrière privée.