Avis sur les OGM: les syndicats agricoles divisés, les écologistes confiants

REACTIONS Après «les doutes sérieux» émis par la Haute autorité ce mercredi soir...

C.F. avec agence

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Avec plusieurs années de retard, la France a transposé par décrets une directive européenne relative aux cultures des organismes génétiquement modifiés (OGM), au risque de susciter, en pleine campagne présidentielle, une nouvelle levée de bouclier chez ses opposants.
Avec plusieurs années de retard, la France a transposé par décrets une directive européenne relative aux cultures des organismes génétiquement modifiés (OGM), au risque de susciter, en pleine campagne présidentielle, une nouvelle levée de bouclier chez ses opposants. — Lionel Bonaventure AFP/Archives

Syndicats agricoles et écologistes ont réagi ce mercredi à l’avis de la Haute autorité sur les OGM sur le maïs OGM MON 810, indiquant qu'elle avait «relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs impactant notamment la flore et la faune».

Précedent de l'Allemagne

Les deux principaux syndicats agricoles, la FNSEA et la Confédération Paysanne, ne sont pas sur la même position. Pascal Férey, vice-président de la FNSEA, a estimé que «rien ne devrait pousser le gouvernement à accélérer un processus de décision sur cette clause de sauvegarde, à moins d'agir d'une façon politicienne». «La Haute Autorité met en avant les mêmes éléments qui avaient conduit l'Allemagne à activer la clause de sauvegarde, clause qui avait été repoussée par la Commission de Bruxelles», a-t-il poursuivi.

Régis Hochart, président de la Confédération Paysanne, s’est au contraire félicité du constat de la Haute autorité : «Les éléments nouveaux qui ont été pris en compte ont été fournis par la Confédération Paysanne. Cela confirme l'issue du Grenelle de l'Environnment. Le Politique a une nouvelle occassion de rétablir la situation en activant la clause de sauvegarde».

Du côté des associations écologistes, il ne fait pas de doute que la clause de sauvegarde doit s'appliquer après les «doutes sérieux» émis ce mercredi. «Je vois mal comment avec un avis pareil on pourrait ne pas appliquer la clause de sauvegarde», a déclaré Arnaud Apoteker, de Greenpeace.

«Gel valable jusqu'à l'avis de la Commission européenne»

«Il est évident pour nous ce soir que la clause de sauvegarde sera activée par le président de la République», a affirmé de son côté Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE). «Nous sommes satisfaits de l'issue de ce travail», a-t-il ajouté.

«Le gel sur le MON 810 reste valable jusqu'à ce que la Commission européenne se re-prononce sur le sujet et non pas jusqu'au vote de la loi», a-t-il indiqué, estimant que cela «va permettre un débat parlementaire serein». Le projet de loi sur les OGM sera examiné à partir du 5 février au Sénat.