Maïs OGM MON 810: «Doutes sérieux» de l'Haute autorité provisoire sur les OGM

ENVIRONNEMENT Le gouvernement doit tenir compte de son avis pour autoriser ou non la culture de cette semence...

Clémence Lemaistre avec Sandrine Cochard

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Avec plusieurs années de retard, la France a transposé par décrets une directive européenne relative aux cultures des organismes génétiquement modifiés (OGM), au risque de susciter, en pleine campagne présidentielle, une nouvelle levée de bouclier chez ses opposants.
Avec plusieurs années de retard, la France a transposé par décrets une directive européenne relative aux cultures des organismes génétiquement modifiés (OGM), au risque de susciter, en pleine campagne présidentielle, une nouvelle levée de bouclier chez ses opposants. — Lionel Bonaventure AFP/Archives

Interrogée, au moment du grenelle de l'environnement, par le gouvernement sur le maïs transgénique MON 810, la Haute autorité provisoire sur les OGM vient de rendre son verdict.

Mercredi soir, en présence de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat en charge de l'Ecologie, ses sages ont fait savoir qu'ils avaient des «doutes sérieux» sur ce maïs.

«Faits scientifiques nouveaux»

La Haute autorité a en effet «relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs impactant notamment la flore et la faune», a indiqué mercredi son président Jean-François Legrand. Michel Gazay, son attaché parlementaire, a précisé à «20 Minutes» que «quatre nouveaux facteurs d'impact sur la santé ou l'environnement ont été trouvés par rapport à 1998: des éléments sur la dissémination à longue distance (dispersion du pollen jusqu'à 100 kilomètres avec un impact sur les populations des rivières), des résistances développées par les ravageurs, des effets toxiques sur la faune et la flore, notamment sur les papillons et, seul effet positif, la réduction de production de micotoxine champignons microscopiques toxiques) chez l'homme.»

La Haute autorité préconise donc tout d'abord «d'approfondir l'impact sur les insectes pollinisateurs». Ensuite de retravailler «les protocoles d'études scientifiques» notamment en les approfondissant.

Ces conclusions doivent fonder la décision du gouvernement d'activer ou non la clause de sauvegarde à Bruxelles, permettant à la France d'interdire sur son territoire la culture de ce maïs OGM, le seul cultivé en France. Les deux membres du gouvernement présents à la conférence de presse, ony donc fait savoir qu'ils rendraient leur avis d'ici à 48 heures sur l'activation ou non de cette clause.

Vers une interdiction

Au vu des conclusions de la Haute autorité et des déclarations de Borloo, c'est vers l'interdiction que l'on se dirige. Ce dernier a en effet ouvert la conférence de presse en déclarant: «Nous sommes ici les garants du processus de Grenelle, nous avons la responsabilité de sa mise en oeuvre.»