«Je ne suis pas favorable à l’interdiction totale des portables pour enfants»

INTERVIEW Elisabeth Cardis, docteur spécialiste des maladies liées aux radiations et chercheuse au Circ, a répondu à 20minutes.fr

Propos recueillis par Anne-Louise Sautreuil

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Téléphone portable pour enfant.
Téléphone portable pour enfant. — ISOPRESS / SIPA

Alors que deux associations menacent d'une action en justice pour interdire les téléphones portables pour enfants en France , Elisabeth Cardis, docteur spécialiste des maladies liées aux radiations et chercheuse au Circ (Centre international de recherche sur le cancer) analyse les risques que représentent ces appareils.

Une étude israélienne vient de démontrer qu’il pourrait y avoir une augmentation des risques de tumeurs sur les glandes salivaires en cas d’utilisation durable (plus de 10 ans) et prolongée (plus de 22 heures par mois) du téléphone portable. Y’a-t-il désormais un consensus sur les dangers du téléphone portable pour la santé?

Il n’y a pas encore de consensus. L’étude israélienne fait partie d’un vaste programme international baptisé «Interphone». A l’initiative du Circ, des recherches sont en cours dans 13 pays depuis 2000. Les résultats nationaux commencent à tomber comme c’est le cas pour Israël, mais ils concernent un nombre trop réduit de gros utilisateurs pour qu’on puisse en tirer des conclusions. Nous allons croiser ces résultats nationaux entre eux et dans quelque mois nous espérons avoir plus de certitudes.

Les dangers, s’ils étaient avérés, seraient-ils plus importants pour les enfants?

Si le danger est confirmé, ce qui n’est pas encore le cas, on peut dire que les enfants seraient encore plus fragiles que nous. Pour deux raisons : la première est que les enfants sont plus sensibles à tous les rayonnements, la seconde est qu’en commençant à téléphoner à 8 ans, ils s’exposent pour une durée beaucoup plus longue.

Que peut-on conseiller aux parents?

Il faut appliquer le principe de précaution. Je ne suis pas favorable à l’interdiction totale des portables pour enfants car ça peut aussi être un outil de sécurité. On peut dire aux enfants d’utiliser un kit mains libres : dans ce cas l’exposition aux ondes est presque nulle.

Et en ce qui concerne les ondes wifi?

Il n y a pas encore de véritable étude épidémiologique sur ce point. Mais il existe une étude pilote réalisée sur 400 personnes et pour tous types d’ondes wifi (Internet, antennes, mobiles…). Elle montre que nous ne sommes exposés qu’à des niveaux très bas. Les téléphones portables constituent la principale exposition.