Déjà un soutien royal pour José Bové

OGM L'ex-candidate PS à la présidentielle a rendu visite au chef de file des anti-OGM en grève de la faim...

Nicolas Filio

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José Bové a commencé sa grève de la faim le 3 janvier pour obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM
José Bové a commencé sa grève de la faim le 3 janvier pour obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM — P. WOJAZER / REUTERS
José Bové et ses compagnons de jeûne sont arrivés depuis à peine une heure lorsque l'immeuble de la rue de la Banque où ils résideront est secoué d'une impressionnante frénésie. Ségolène Royale, première personnalité à rendre visite aux militants, fait son apparition. José Bové, qui d'abord souligne que l'engagement de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle est une constante de longue date.

Puis la réponse de celle-ci, qui salue le courage de José Bové car «il est plus facile de se replier sur soi que de s'engager». Puis elle dresse un réquisitoire contre les industries «polluantes». A commencer par les fabricants de semences transgéniques. «C'est une question de santé publique, ainsi qu'un rapport de forces, car il y a des industries puissantes derrière les OGM. Et c'est aussi une question de morale en politique : un moratoire a été promis, la promesse doit être tenue.»

Des études «plus transparentes»

Il faut «de la transparence» dans les études, dit-elle. «Le public a le droit de savoir quels sont les impacts sur la santé humaine.» Après avoir établi un parallèle avec le scandale de l'amiante ou la catastrophe de Tchernobyl, elle conclut : «A chaque fois qu'il y a des choses à cacher, c'est qu'il y a quelqu'un derrière qui gagne beaucoup d'argent.» En cadeau pour ce
soutien, l'ancienne candidate à la présidentielle repart avec le «calendrier des faucheurs 2008».

Les grévistes avaient fait leur entrée peu avant 16h dans l'immeuble de la rue de la Banque occupé par le Ministère de la crise du logement. Ils ont commencé à prendre leurs quartiers dans une grande pièce délabrée, compartimentée à l'aide de tentures fixées au plafond. Sur les murs et les piliers, quelques photos champêtres et des barbouillages enfantins. De l'autre côté d'un rideau de fortune, des matelas sont étalés sur un sol criblé de traces de peinture. «On ne fait pas une grève de la faim pour le plaisir», a rappelé José Bové.

Profiter de la grève pour débattre

Cible de toutes les attentions, le médiatique militant a tenté de mettre en avant ses cogrévistes. Yves Manguy, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, a ainsi expliqué à 20Minutes.fr que le plus important n'est pas de se focaliser sur la grève de la faim de José Bové mais sur les questions de fond.

«Les OGM ont prouvé leurs conséquences néfastes sur les animaux et certains ont provoqué des allergies chez des êtres humains», a-t-il assuré. Cette grève de la faim lui servira, promet celui qui a déjà mené deux opérations de ce type, à mener des débats sur les OGM. Mais se priver de nourriture ne risque-t-il pas de l'affaiblir un peu trop pour cela ?

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