Ségolène Royal au chevet de José Bové

OGM Le porte-drapeau altermondialiste a commencé sa grève de la faim rue de la Banque...

Nicolas Filio

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José Bové a commencé sa grève de la faim le 3 janvier pour obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM
José Bové a commencé sa grève de la faim le 3 janvier pour obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM — P. WOJAZER / REUTERS

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, s'est rendue au chevet du porte-drapeau altermondialiste, José Bové, selon notre journaliste sur place. Ce dernier a commencé sa grève de la faim mercredi soir rue de la Banque (Paris 2e) pour obtenir l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM. «Depuis hier soir, j'ai arrêté de m'alimenter», a-t-il assuré à France Inter ce jeudi. «Un bouillon clair hier soir» et depuis ce jeudi matin, «à l'eau»...

«Pas un coup médiatique»

Cette grève de la faim n'est «pas un coup médiatique», a juré José Bové: c’est parce que le gouvernement n'a pas «tenu sa parole» concernant la mise en place d'un moratoire sur les cultures de maïs OGM qu’il «fallait mettre les pieds dans le plat».

Pas un coup médiatique, mais quand même un coup symbolique : l’altermondialiste a précisé qu'il poursuivrait sa grève de la faim avec une quinzaine de personnes, dans «un lieu emblématique du mouvement social».

Les grévistes de la faim ont en effet installé leur quartier général au premier étage du «ministère de la crise du logement», rue de la Banque, un bâtiment occupé depuis des mois par l'association Droit au logement (Dal), qui a mené une longue action couronnée de succès en décembre en faveur du relogement de familles.

«Grèves de la faim tournantes»

Outre ces 15 grévistes à Paris, «d'autres personnes se sont engagées à observer des grèves de la faim tournantes sur des périodes courtes en province», a précisé José Bové. Selon Le Monde, «trois militants «effectueront leur jeûne depuis Clermont-Ferrand, siège de Limagrain, quatrième semencier mondial.

José Bové et ses camarades, au total une centaine de personnes - militants, «faucheurs volontaires d'OGM», élus locaux - qui s'étaient regroupés jeudi matin au pied de la Tour Eiffel, ont remonté le Champ de Mars vers l'Ecole militaire en brandissant des banderoles anti-OGM et en chantant «ni dans les champs, ni dans les assiettes, les OGM on n'en veut pas».

Ils se sont ensuite rassemblés devant le ministère de l'Ecologie, avenue de Ségur, où une caravane a été installée tel un «piquet de vigilance pour symboliser l'action engagée aujourd'hui», selon José Bové qui a été reçu par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'état à l'Ecologie. Vendredi, une manifestation est prévue devant la Haute autorité sur les OGM.

Gel des cultures OGM jusqu'au 9 février

Plusieurs ONG reprochent au gouvernement de ne pas avoir activé la clause de sauvegarde à Bruxelles qui permet à un Etat membre d'interdire la culture d'un OGM autorisé au plan communautaire. Le gouvernement a décidé un gel a minima des cultures OGM jusqu'au 9 février prochain, le temps d'adopter une nouvelle loi sur le sujet.

Bové dit que ce n'est pas un coup médiatique: qu'en pensez-vous? Participez au débat: déjà plus de 100 commentaires...