Le mouvement de grève s’amplifie dans les hôpitaux

SOCIAL Les anesthésistes-réanimateurs rejoignent les urgentistes, jeudi, pour une grève des gardes symbolique…

Sa. C. avec agence

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Les anesthésistes-réanimateurs rejoignent ce jeudi la grève symbolique des gardes entamée le 24 décembre par les médecins urgentistes des hôpitaux pour obtenir notamment une "meilleure reconnaissance de la pénibilité" d'un métier exercé "24 heures sur 24, sept jours sur sept"
Les anesthésistes-réanimateurs rejoignent ce jeudi la grève symbolique des gardes entamée le 24 décembre par les médecins urgentistes des hôpitaux pour obtenir notamment une "meilleure reconnaissance de la pénibilité" d'un métier exercé "24 heures sur 24, sept jours sur sept" — Pierre Verdy AFP/Archives

Une grève pour le symbole de plus en plus suivie. Jeudi, les anesthésistes-réanimateurs rejoignent les médecins urgentistes pour une grève des gardes entamée le 24 décembre. Une action sans conséquences pour les patients, les médecins étant quand même «assignés» à travailler.

Appel à négocier

Alors que le mouvement s’amplifie, aucune négociation n’est pour l’instant fixée avec le gouvernement. «Je pensais qu'on serait déjà depuis bien longtemps autour d'une table», a déclaré mercredi à la presse Patrick Pelloux, président de l'Amuf, l'un des syndicats d'urgentistes appelant à cette grève illimitée.

«On veut vraiment de la négociation, même si on est en opposition», a-t-il ajouté, aux côtés d'un représentant d'un des deux syndicats d'anesthésistes devant se joindre jeudi à la grève, le Smarnu.

Ils dénoncent les «promesses non tenues» du gouvernement en matière de rémunération des gardes, de jours de congés et heures supplémentaires impayées, de retraites ou de reconnaissance de la «pénibilité» de leur métier.

Une «concertation» sur les 23 millions d'heures supplémentaires impayées et les 3,5 millions de jours de congés accumulés dans des comptes épargne temps (CET) par l'ensemble des salariés de l'hôpital - qui représenteraient 800 à 900 millions d'euros - s'ouvrira lundi, a récemment rappelé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

572 millions d’euros

La ministre, qui dit disposer de 572 millions d'euros, dont 324 fournis par les hôpitaux eux-mêmes, assure que l'Etat «a les moyens de faire face très raisonnablement aux demandes» des personnels hospitaliers.

Une affirmation contestée par les grévistes: «depuis 2005, les hôpitaux devaient mettre l'argent de côté, ce qu'ils n'ont pas fait parce qu'ils ne l'ont pas», a déclaré Nicole Smolski, vice-présidente du SNphar, l'autre syndicat d'anesthésistes appelant à la grève.

Urgentistes et anesthésistes, dont les services fonctionnent «24 heures sur 24, 7 jours sur 7», représentent 20% des praticiens de l'hôpital public (qui compte 33.000 médecins à plein temps et 15.000 à temps partiel) et y assurent «l'essentiel» des gardes, selon Christophe Prudhomme (Amuf).

Les urgentistes «ne se considèrent pas représentés par les intersyndicales» reçus au ministère et voudraient négocier directement avec les pouvoirs publics, a-t-il dit.

Alors que le ministère fait état de seulement «6% de grévistes», Christophe Prudhomme a jugé ce taux «ridicule» car calculé sur l'effectif total de médecins et non sur la base de ceux qui devaient travailler ce jour-là. Pour l'Amuf, la grève est suivie par près de 100% des médecins concernés dans les Samu et à 80% dans les hôpitaux.